La concurrence s'annonce dans un domaine qui nous concerne tous : les services financiers et la banque.

Oui, enfin elle s'annonce, mais on ne sait pas si elle va vraiment arriver – et c'est toute la question intéressante. Quel est le point de départ ? Davantage de concurrence serait nécessaire dans le domaine financier qui, comme le résume bien l'ancien banquier Jean Peyrelevade vit, partout, sur un train de vie supérieur au reste de l’économie. Par manque de stimulation et d’innovation. A partir de là, il y a, depuis une dizaine d’années, l'arrivée des banques en ligne, celles qui n’ont pas d’agence et qui promettent des frais réduits. ING direct, Boursorama, d'autres, se sont faites une place au soleil. Pourtant, le succès reste limité, elles n’occupent que 5% du marché, les Français n'ont pas jugé suffisante la nouveauté pour quitter leur banque traditionnelle. Eh bien, une nouvelle vague de concurrence arrive et c’est l’opérateur téléphonique Orange qui défie le premier les banques classiques. Hier, Orange a lancé un service de paiement sur téléphone mobile. Plus besoin de sortir sa carte bancaire, vous passez votre téléphone devant un terminal de paiement dans un magasin. En clair, c'est un porte-monnaie électronique pour verser de l’argent de poche à ses enfants, qui pourront se payer une place de cinéma sans liquide ou carte bancaire. Cà c'est un début. Mais Orange a surtout prévu de lancer fin 2016 une vraie banque qui offrira l’ensemble des services financiers, des moyens de paiement au crédit. Avec ses 27 millions de clients en France, Orange a des ambitions.

Est-ce que cette concurrence-là va marcher ? Le raisonnement se tient. Les Français passent trois heures par jour sur leur téléphone portable. Tout, demain, peut passer par lui. Mais surtout, l'atout énorme des opérateurs de télécoms (Orange ou d'autres, peu importe, ou Apple, ou Facebook), c'est qu'ils connaissent toute notre vie, nos achats, nos envies, les sites que nous consultons, les lieux que nous aimons. Demain, ces milliers, millions de données, peuvent aider à individualiser des crédits, des produits financiers, des offres spécifiques. Là, les banques classiques sont nues. A découvert. Ce peut être une révolution comme Google Maps ou Google Actu, comme Netflix, comme des sites marchands, qui s'adaptent en permanence. Est-ce que, cette fois, cela suffira à animer la concurrence et, du coup, à améliorer le service rendu ? On n'y est pas encore, mais eh bien peut-être

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