Le CAC 40 paie lui aussi la facture de la Covid : le chiffre d'affaires des grands groupes a reculé de 20% au premier semestre et leurs bénéfices ont été globalement nuls.

On parle beaucoup, et on a raison, des difficultés des petites et moyennes entreprises industrielles, des craintes de fermeture de restaurants ou de salles de sports. 

Mais il ne faut pas croire que les grands groupes français passent à travers les gouttes du virus. L’épidémie leur fait mal  à eux aussi et elle laissera des traces. Et là aussi, elle est darwinienne, elle fait des perdants et quelques gagnants. 

Quel est le tableau d’ensemble calculé par le cabinet spécialisé EY ? Il se résume en deux chiffres : le chiffre d’affaires des 40 plus grandes entreprises françaises a plongé de 20% sur les premiers mois de 2020 et elles ont, toutes ensemble et en moyenne, réalisé zéro bénéfice. Zéro – et des pertes pour un groupe sur trois. Pour mémoire, les bénéfices du CAC 40 avaient dépassé 80 milliards d’euros en 2019. 

On le voit, le choc a été considérable, dans le monde entier. Evidemment, c’est Airbus qui souffre le plus, avec un chiffre d’affaires en baisse de 40%. Si on veut se faire peur, il faut entendre que seulement quatre entreprises sur quarante avaient une trésorerie positive fin juin. La conséquence de tout cela s’est vue aussi sur l’investissement, en recul, et sur la distribution des dividendes -dividendes qui reviennent aux propriétaires de l’entreprise comme le loyer revient au propriétaire d’un appartement ou d’une maison mise en location. 

La quasi-totalité des groupes, notamment les banques, ont annulé ou réduit les dividendes qui seront versés cette année à partir des bons résultats de 2019. Ces dividendes atteindront tout de même 30 milliards d’euros. 

Et au-delà, quelle leçon ? Les groupes du CAC 40 restent solides mais ils s’endettent pour passer le grain, l’endettement a augmenté de moitié ces deux dernières années. Quelle leçon, dites-vous ? Une leçon de relativisme. Vous croyez le CAC surpuissant ? Ecoutez çà. Hier soir, la seule entreprise Apple valait, à la Bourse de New York, davantage que la totalité des entreprises du CAC 40 français, LVMH L’Oréal Sanofi Total BNP les 35 autres. Face à la marque à la Pomme, de belles cacahuètes sans doute mais des cacahuètes quand même !

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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