Le groupe Total a poursuivi hier ses acquisitions dans les énergies vertes.

Le groupe pétrolier français n’est pas le seul dans le monde à diversifier ses activités, mais il est un des plus avancés. Il a annoncé une prise de participation significative dans une pépite française spécialisée dans l’énergie solaire, l’éolien et l’hydraulique, Eren RE, Eren Renewable Energy. Cela permet à Total de mettre un pied dans l’éolien, après avoir abandonné l’extraction du charbon et s’être lancé dès 2011 dans les batteries et le solaire avec Sunpower, un poids lourd du secteur. Aujourd’hui, les métiers dits bas carbone représentent 9% des activités de Total -les carburants plus propres, le stockage de l’électricité et les renouvelables- sachant que pour le reste c’est 50-50 entre le pétrole et le gaz. Dans une quinzaine d’années, le groupe veut avoir grimpé de 9% à 20%. Pourquoi est-ce intéressant ? Parce que les sommes sur la table -des centaines de millions voire des milliards d’euros- montrent que l’on est sorti de la période du green-washing, l’habillage vert. Mais on voit aussi que le temps de l’extraction fossile n’est pas terminé -même si on aimerait que cela soit le cas par un coup de baguette magique.

Et pourquoi donc n’est-ce pas possible ?

Tout le monde est d’accord pour dire que le XXIème siècle sera de plus en plus électrique à cause du réchauffement climatique et du CO2 dégagé par les énergies fossiles. Patrick Pouyanné, le patron de Total, est un des rares de son secteur à le dire explicitement, ce qui ne va pas de soi pour un pétrolier. Certes, les investissements dans les énergies vertes sont désormais énormes et tant mieux. Mais ces énergies restent intermittentes, le vent c’est 15 à 25 % du temps, le solaire 10 à 15% - chiffres en pointillés parce qu’ils sont discutés. Il faut soit apprendre à stocker -il y a encore du chemin- soit garder aussi des énergies classiques. Sans oublier qu’on ne sait pas (encore) faire du plastic sans pétrole, et des avions ou des poids lourds électriques. Tout cela viendra mais il faut compter encore aussi avec les besoins en énergie qui augmentent avec le développement de pays entiers et la démographie. Bref, c’est une course technique et économique qui expliquent pourquoi les investissements dans le pétrole restent malgré tout deux fois plus élevés que dans les renouvelables. Cela explique pourquoi le calcul du bon mix énergétique est un sujet passionnant et plus compliqué qu’on le croit souvent.

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