Les Français ont du mal à croire que les prix baissent. Or aujourd’hui vous voulez nous parler d’un prix qui a beaucoup baissé. Eh oui. En deux ans et demi, moins 50% ! Ce produit, c’est une console de jeux vidéo. La PS3 de Sony pour être précis – PS, ça ne veut pas dire Parti socialiste, lui n’en est même pas à sa version 2.0, mais Play Station. Si vous me dites que ce n’est pas un achat très courant, je vous répondrais que votre entourage doit être plutôt âgé, ou peut-être très jeune. Car il s’est vendu l’an dernier en France plus de 5 millions de consoles de jeux. Si on rajoute les jeux eux-mêmes et les accessoires comme les manettes ou les volants, on dépasse les 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires – c’est plus que le jouet, la musique ou le DVD. Et pourquoi les prix baissent ? D’abord parce qu’on est dans l’électronique où le progrès technique continuent, avec des puces de plus en plus performantes et de moins en moins cher. C’est la même chose avec l’ordinateur. Ensuite parce que le marché n’est pas très porteur, mais j’y reviendrai. Enfin, parce que la concurrence est féroce. Si vous regardez le téléphone mobile en France, il y a trois opérateurs – Orange, SFR et Bouygues – et on ne peut pas dire qu’ils massacrent les prix à la tronçonneuse. Eh bien dans le jeu vidéo, il y a aussi trois acteurs, à l’échelle mondiale cette fois-ci : Sony avec sa PS3, l’autre japonais Nintendo avec sa fameuse Wii et l’américain Microsoft avec sa Xbox 360. Mais eux se livrent à une concurrence à mort. Et puis derrière, les éditeurs de jeux les poussent aussi à réduire leurs prix. L’une des raisons qui a poussé Sony à décider sa dernière baisse, c’est la menace d’un grand éditeur de ne plus faire de jeux pour Sony car il trouvait ses consoles trop chères. Et le marché du jeu vidéo est en crise, alors ? Alors ça, c’est très discuté. Les ventes ont continué à progresser fin 2008 et les fabricants fanfaronnaient en disant qu’ils étaient les seuls à échapper à la récession. Mais depuis le début de l’année, les ventes ont dégringolé. En France par exemple, la chute approche 15%. Pour les uns, c’est parce que le consommateur n’a plus d’argent, ou craint de se retrouver au chômage. Ca serait donc un problème de demande. Mais pour les professionnels du secteur, c’est parce qu’il n’y a pas eu récemment de sorties de jeux excitants qui dopent les ventes, comme " Grand Theft auto IV " ou " Wii Fit " pour faire son fitness l’an dernier. Ils espèrent beaucoup de ceux qui vont sortir dans les prochains mois. Autrement dit, ça serait un problème d’offre. J’ai tendance à croire qu’il y a un peu des deux. A vous entendre, cet univers du jeu vidéo n’a pas l’air très français… C’est vrai que les fabricants sont américains ou japonais, et les noms de tous les grands jeux sont en anglais. Mais il y a tout de même des éditeurs français à dimension mondiale, comme Ubisoft, le promoteur des fameux Lapins crétins au succès mondial. Et il y a beaucoup de Français qui travaillent chez les grands éditeurs, notamment à Montréal qui est en train de devenir leur capitale mondiale. Pour fabriquer un jeu vidéo, il faut être à la fois imaginatif et rigoureux. Et ça, en France, on sait faire.

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