Ce matin, la réforme du Code du Travail, avec un ultime cycle de négociations…

C’est le sujet de la semaine en fait. Après le vote définitif du projet de loi habilitant l’exécutif à réformer le Code du travail par ordonnances, ce chantier emblématique, vrai test pour Emmanuel Macron, entre dans sa dernière ligne droite. Le ministère du Travail va recevoir dans les jours à venir les partenaires sociaux pour un ultime round de négociation, avant la présentation du « paquet » final par Edouard Philippe et Muriel Pénicaud le 31 août. Tout cela en vue d’un passage en conseil des ministres la semaine du 18 septembre, en principe.

Le Medef ouvrira le bal de ces négociations ce mardi et d’ici vendredi toutes les centrales syndicales et organisations patronales auront donc défilé rue de Grenelle.

Ces réunions laissent-elles vraiment une marge de manœuvre ou les dés sont-ils pipés ?

Tout en précisant le cadre et en s’efforçant d’éviter les fuites, le gouvernement a veillé à laisser à ses interlocuteurs ce qu’André Bergeron, l’ancien leader de FO appelait « du grain à moudre ». Par exemple, sur la fameuse hiérarchie des normes entre la loi, les branches, l’entreprise et le contrat de travail, l’une des pierres d’achoppement de la loi El-Khomri. Tout indique que le balancier ne penche pas complètement vers le tout-entreprise.

Ces rencontres bilatérales vont être l’occasion pour le gouvernement de présenter entre 50 et 70% de ce qui doit être l’un des marqueurs du quinquennat. Pour les 30% restants, ce sera l’occasion de tester certaines hypothèses et de recueillir des avis. Ensuite, comme le dit le président de la CPME, « les téléphones vont chauffer » d’ici le bouclage du texte.

Vous évoquiez la loi El-Khomri, ce dernier round de négociation laisse-t-il entrevoir une telle montée de tension ?

Eviter une telle spirale est l’obsession du trio Macron-Philippe-Pénicaud. Rappelons que la CGT et la France insoumise ont déjà pris date dans la rue, ou encore que la CFE-CGC reste très remontée contre cette réforme. L’exécutif est donc déterminé à prévenir le risque de clash avec les partenaires sociaux qui ont, eux, loué la méthode de concertation tout en indiquant leurs lignes rouges. La CFDT par exemple ne veut toujours pas entendre parler de négociation dans une entreprise sans syndicat, mais a déjà pu se féliciter d’avoir été entendue sur l’augmentation des indemnités légales de licenciement. Il reste en fait suffisamment de points à arbitrer pour que tout le monde marche sur des œufs. A la lecture des documents mis sur la table cette semaine, les partenaires sociaux prêts à jouer le jeu vont en fait savoir si le gouvernement tend ou pas vers l’équilibre qu’ils attendent. Et nous saurons vite si les téléphones chauffent, simplement, ou si des torchons brûlent.

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