L’édito éco de Jean-Marc Vittori, du quotidien « Les Echos ». _____Porsche a présenté hier sa nouvelle voiture, la Panamera. Pourquoi est-ce un événement ? Les passionnés de voiture vous expliqueront que c'est la première nouveauté du constructeur depuis sept ans, et que c'est sa première berline 4 portes. Ce qui frappe, c'est que la célèbre marque allemande a choisi le salon de Shanghaï pour présenter sa nouvelle machine à 100.000 euros. Elle aurait pu le montrer le mois dernier au salon de Genève, à 500 kilomètres de son domicile de Stuttgart. Mais ce n'était pas assez chic. Elle aurait sans doute pu l'inaugurer au salon américain de Détroit, en janvier. Trop ringard ! Non, Porsche a choisi la perle de l'Orient. Avant-hier, la métropole chinoise était connue pour son port, hier pour ses milliers de gratte-ciels, aujourd'hui pour son classement mondial des universités et son salon automobile, et demain pour son exposition universelle de 2010, où le pays voudra à nouveau éblouir le monde. Pourquoi la Chine est-elle si importante pour l'automobile ? La Chine est importante pour tous les constructeurs. Jusqu'à l'an dernier, les Etats-Unis étaient le premier marché mondial pour la voiture. Mais les ventes y ont dégringolé. En Chine aussi d'ailleurs. Sauf que le plan de relance de Pékin marche. Les consommateurs consomment. Depuis le début de l'année, l'Empire du milieu est sur la première marche du podium. Le mois dernier par exemple, les Chinois ont acheté plus d'un million de voitures, un quart de plus que les Américains. Les Chinois n'achètent pas que des Porsche, mais de plus en plus. Comme tout le monde ou presque, ils apprécient les voitures de luxe, et ils sont de plus en plus nombreux à avoir les moyens de se les payer. Près d'un million d'entre eux auraient un revenu d'au moins 100.000 euros par mois. Un potentiel d'autant plus attirant pour Porsche que ses ventes se sont effondrées au premier trimestre, de 27% aux Etats-Unis et de 36% au Royaume-Uni. Certains de ses concurrents font d'ailleurs exactement le même calcul, comme Lamborghini et Maserati. Pour l’instant, il n'y a pas de concurrence locale. En Asie, seul le Japonais Toyota a su lancer une marque haut de gamme, Lexus. Mais les Chinois pourraient bien être tentés de faire leurs courses en Europe, pour y acheter non pas des voitures mais des constructeurs. Un acheteur chinois serait en train de visiter le suédois Volvo, que l'Américain Ford veut vendre. Et des investisseurs de Pékin négocieraient une entrée dans le capital de l'allemand Daimler, qui fabrique notamment les Mercedes. Et les Français dans tout ça ? Ça fait maintenant trois quarts de siècle que nos constructeurs ne font plus de haut de gamme. Ils sont donc hors jeu. En Chine, ce n'est pas mieux. Peugeot-Citroën a du mal à se développer et Renault y est présent seulement via son partenaire Nissan. Mais il ne faut jamais désespérer. Le croirez-vous ? Renault espère bien revenir en Chine avec sa voiture électrique.

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