Les compagnies "low cost" gagnent des parts de marché face aux compagnies classiques et vont peut-être devenir les leaders du transport aérien.

C’est une évolution qui devrait notamment intéresser ceux qui sont auprès de vous, puisque les compagnies low cost comme Ryanair –il y en a d’autres– transportent déjà un passager sur cinq passant par l’aéroport de Toulon-Hyères. Ce que dit une étude publiée hier, c’est cela : la part de marché des low cost dans le trafic aérien intra-européen pourrait passer la barre des 50% d’ici 2020. Contre environ 40% l’an dernier et 25% en 2005. Une vraie progression. Cette étude d’un cabinet spécialisé a été commandée, certes, par l’association des compagnies à bas coûts, mais à partir de tendances vérifiables et prudentes. En gros, la conclusion est simple si on la pousse un peu : les EasyJet, Ryanair, Vueling, Jet2.com ou Air Berlin n’en sont plus à gagner leur place au soleil mais ce sont bientôt les compagnies classiques, comme Air France-KLM, Lufthansa ou British Airways qui seront leurs challengers. Ce serait un renversement historique !

La progression de ces nouveaux venus se fera toujours avec les mêmes recettes ? Oui, les mêmes. Une flotte d’avions jeune, pas de frais commerciaux, un seul produit, le court courrier d’une à deux heures, le maximum de rotations des avions dans la journée. Et l’utilisation d’aéroports pas chers et subventionnés – ce qui fait hurler Air France. Sans oublier des coûts ultra serrés et la formule archi connue du tout payant. Vous payez le prix du vol + les bagages + le repas. Vous vous souvenez que Ryanair a même voulu facturer les toilettes ! Le résultat de tout ça est qu’un Paris-Madrid sur un vol classique coûte 130 euros, sur un low-cost 70 euros. Le résultat est surtout que Ryanair et EasyJet ont chacune transporté en 2010 plus de passagers en Europe qu’Air France-KLM !

Quels enseignements économiques de ces évolutions ? Il y en a quatre. Un : Le transport aérien, grâce à ces dynamiteurs du transport aérien, s’est banalisé, comme le bus ou le train. Sans imaginer qu’un jour on voyage debout en avion, ce mode de déplacement a quitté le monde du luxe. Deux : puisque l’on parle beaucoup de baisse de pouvoir d’achat, il a vraiment augmenté dans le transport aérien. Trois : il est possible de gagner de l’argent avec le discount. Au dernier semestre connu, Ryanair a gagné 400 millions d’euros, Easyjet plus de 100. Cela surprend parce que le transport aérien est habituellement un métier déficitaire, avec des frais élevés et dépendant du prix du pétrole.

Et la dernière leçon ? Les majors, les grandes compagnies, sont obligées de bouger. Air France a soumis, il y a dix jours, aux pilotes, un plan pour baisser ses coûts. Les low costs, elles, copient les grandes en voulant séduire une clientèle d’affaires. Mais la vraie conclusion est que la concurrence a au moins l’avantage de faire baisser les prix tandis que dans le secteur de l’électricité, on l’a découvert mardi avec stupéfaction, elle les fait monter !

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