Avec nos cousins de France Info, Les Echos publient ce matin un sondage sur les priorités que les Français fixent à Nicolas Sarkozy pour la fin de son quinquennat.

Oui, pour la dernière livraison de l’année de ce sondage BVA-Absoluce-France Info-Les Echos, nous avons fait de la prospective. Nous avons demandé aux Français de dire quels devraient être, selon eux, les domaines d’actions prioritaires du chef de l’Etat d’ici 2012. Le premier enseignement n’est pas le plus surprenant. Les deux priorités sont la lutte contre le chômage et l’amélioration du pouvoir d’achat, à 64% et 50%. C’est clair et net. Il faut toutefois noter que ces scores sont moins élevés qu’en 2009 (82 et 66%).

Pourquoi ? Hasardons une hypothèse. Le chômage a moins augmenté qu’on pouvait le craindre pendant la crise. La peur aussi, donc. C’est si vrai que l’Insee a consacré 25 pages de sa dernière note de conjoncture à cette étrangeté –sympathique au demeurant. Cela étant, les Français disent bien : Monsieur le Président, occupez vous d’abord du chômage.

Dans ce sondage, c'est en fait une absence qui surprend le plus. Les priorités qui arrivent après le chômage et le pouvoir d’achat sont la réduction des inégalités et la lutte contre l’insécurité, en légère hausse. La surprise est la place limitée qu’occupe la réduction des déficits dans le cœur des Français. Seulement, 24% d’entre eux y voient une priorité des 18 mois à venir. C’est nettement moins qu’il y a un an. Et étonnant dans la mesure où l’on parle tous les jours des déficits abyssaux, de crise de l’euro, de la Grèce ou de l’Irlande. Peut-on hasarder là aussi une hypothèse ? Pour le dire crûment : les milliards valsent tellement qu’on ne sait plus où on en est ; c’est frappant, dans les médias, c’est difficile de faire autrement, mais un problème à 40 millions d’euros occupe la même place qu’un autre à 20 milliards. Sur le fond, on le sait aussi, la France adore la dépense publique.

Qu’en est-il des réformes évoquées par Nicolas Sarkozy lui-même, la réforme fiscale et la dépendance ?

Elles ne font pas un tabac. 18% des sondés seulement placent la réforme fiscale parmi les priorités (mais la question ne précisait pas s’il s’agissait du bouclier, de l’ISF etc.) ; et 15% font de même pour la dépendance.

Que conclure de ce tableau ?

Les résultats seront analysés par les états-majors politiques. > Que le pouvoir ne doit pas s’économiser sur le chômage, mais le paradoxe est qu’il sait pertinemment que sa baisse ne fait pas gagner une élection (Lionel Jospin l’a payé au prix fort en 2002). Xavier Bertrand, le ministre du Travail, a commencé hier des consultations sur l’emploi des jeunes. > Que le message des Français sur leur peu d’intérêt pour la dépendance doit être relativisé. L’objectif, avec ce genre de réforme, est d’intéresser une cible –les personnes âgées et leurs proches-, pas tout le monde.

En revanche, le vrai, sérieux, profond problème que révèle ce sondage est le peu d’intérêt suscité par les finances publiques. C’est vraiment ennuyeux parce que c’est un vrai problème. Et que cela risque d’encourager tous ceux qui, avant 2012, voudraient desserrer les cordons de la bourse alors que ce serait une folie.

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