La fin de l’année, c’est l’heure des bilans. Aujourd’hui, celui de l’économie mondiale. Avec un titre mystérieux : la perte du triple A !

Ça n’est pas si mystérieux, vous allez voir. La fin du triple A, ce n’est pas seulement un clin d’œil à l’actualité. Au fond, quelles ont été les grandes lignes de force de l’économie cette année ? La plus évidente est le ralentissement de la croissance, brutal en Europe, avec une récession, réel dans les autres pays développés, léger dans les pays émergents. Mais au-delà, trois A se sont plus ou moins évanouis cette année : le A de l’autorité politique, le A d’Apple et le A d’atome…

Commençons par le premier !

Une des clés de 2011, c’est la perte d’Autorité des responsables politiques sur les événements économiques. Avec les excès de dettes, les marchés ont pris le pouvoir en Europe, les états servant tour à tour de gibier. Les démocraties ont un mal fou à réformer un capitalisme financier mondial peu lisible, et cela se voit. Les gouvernements, eux, se débattent de façon presque pitoyable dans leurs échéances électorales et leurs divisions. Aux Etats-Unis, Barack Obama est empêtré par sa cohabitation avec le Congrès. En Europe, les sommets se succèdent aux sommets et les décisions arrivent trop lentement. Voilà : perte d’autorité.

Deuxième A, celui d’Apple

La mort de Steve Jobs début octobre a été l’événement phare de l’année dans le monde des entreprises et de la consommation. Si elle pose la question de l’avenir d’Apple sans son icône autocrate, 2011 a été encore une année incroyable pour la firme à la pomme, dont la capitalisation boursière est sur la seconde marche du podium mondial et dont le chiffre d’affaires dépasse les 100 milliards de dollars. Son I-phone s’est vendu en quatre ans à 75 millions d’exemplaires et sa tablette, l’I-Pad, à 32 millions en dix-huit mois ! Apple, symbole d’innovation et d’une personnalité qui peuvent changer le cours des choses.

Enfin, dernier A, il concerne l’atome…

La catastrophe de Fukushima, vingt-cinq ans après Tchernobyl, a été un choc. Elle a eu lieu dans une démocratie, réputée pour sa technologie et a été suivie en direct dans le monde entier. Depuis, l'Allemagne et la Suisse ont accéléré leur sortie de l'atome, l'Italie n'y reviendra pas et la Belgique fermera ses centrales dès 2015. Même en France, le tabou est tombé : pour la première fois, le PS, veut fermer des centrales. C’est un tournant, mais on ne sait pas encore si c’est vers une impasse parce que les énergies de substitution sont soit très polluantes, soit encore largement insuffisantes. Bref, l’atome est fragilisé.

Conclusion de ce triple A ?

Il n’y en a pas, j’ai mentionné des faits marquants. Juste pour nous interroger sur le basculement du monde, on peut paraphraser – de façon provocante - une formule de François Mitterrand en 1982, qui avait dit : les pacifistes sont à l’Ouest, les missiles (soviétiques) à l’Est. Eh bien, aujourd’hui, les indignés et les déficits sont au Nord, les emplois et les excédents à l’Est et au Sud.

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