Mauvaise journée pour Uber hier, condamné par la Cour de Justice de l’Union européenne.

La société Uber va être soumise aux mêmes réglementations que les sociétés de taxis en Europe
La société Uber va être soumise aux mêmes réglementations que les sociétés de taxis en Europe © Getty / Tim Robberts

Oui, rien que cela. La justice des 28 a décidé que l’entreprise américaine est bien une entreprise de transport et pas simplement un service Internet de mise en relation entre un transporteur et un client. Concrètement, quoi de neuf ? Eh bien, difficile à dire. Selon une lecture extensive, Uber doit être soumis, en Europe, à la même réglementation que les taxis. En fait, on ne sait pas bien, parce que techniquement, l’arrêt concerne  l’application UberPop, par laquelle vous ou moi pouvions devenir chauffeur à nos heures perdues, application interdite en 2015. 

Mais au fond peu importe. Car le plus intéressant est que cette décision conclut une année 2017 au cours de laquelle un coup d’arrêt a été donné aux poussées des géants américains qui avançaient jusqu’à maintenant, partout, comme dans du beurre. Uber a été interdit à Londres et face à AirBnb, Apple, Deliveroo, Amazon, les Etats mettent le holà sous la pression des acteurs historiques menacés dans leur existence et pour récupérer des impôts. Est-ce normal ? Oui c’est normal. Au début, les innovations, c’est toujours le Far West, puis avec le temps l’économie s’organise en jardin à l’anglaise ou à la française. C’est  l’éternelle bagarre entre les anciens et les modernes, rien de nouveau apparemment sous le soleil.

Vraiment rien ?

Pas tout à fait. Car 3 nouveautés expliquent pourquoi nous sommes face à ces géants comme des poules face à un couteau. 

Un : leur existence nous a laissé stupéfait : Uber ne possède aucun taxi, Airbnb et Booking aucun lit, Amazon aucun magasin et Facebook ne produit aucun contenu. Qui aurait parié sur leur succès foudroyant ?

Deux : aller trop loin dans la régulation serait sous-estimer l’énorme satisfaction des clients. Qui voudrait revenir aux seuls taxis parisiens et se passer d’Amazon ou Facebook ? Personne. 

Trois : la contre-attaque juridique des Européens est d’autant plus forte que l’Europe a été incapable de faire naître un seul de ces services. Ok, ils trichent, mais, nous, nous sommes mauvais perdants.

Au total, 2018 sera, du côté des pouvoirs publics, une année de régulation légitime, et, du côté de Uber, d’innovations tout aussi légitimes. Mais cette contre-offensive a -si on est un peu honnête- un goût très amer en Europe.

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