Ce week-end, on a beaucoup parlé de l’avenir de Dominique Strauss-Kahn, le patron du FMI. Mais d’abord, que retenir du G20 qui s’est tenu samedi à Paris ?

Pour regarder cette réunion des 20 ministres des finances des grandes puissances, on peut prendre l’image d’un véhicule qui avance à 20 kms à l’heure. Vous pouvez dire : c’est peu, mais c’est mieux que rien et on ira loin. Mais si vous êtes pressé, parce qu’en réalité votre véhicule est une voiture de pompier, vous avez de bonnes chances d’arriver en retard pour éteindre un incendie. Oui, la réunion de samedi a débouché sur quelque chose. Les ministres ont choisi des indicateurs mesurant les déséquilibres d’un pays (dette, niveau d’épargne, endettement privé) et les déséquilibres mondiaux (balances commerciales). Christine Lagarde a arraché un compromis là-dessus. Mais si on en est seulement là alors que les prix du blé, du pétrole flambent, qu’il y a d’autres crises et incendies qui couvent, c’est décevant et la présidence française va être difficile.

La Chine a été au cœur des négociations. Plus à chaque réunion ! Parce que c’est la deuxième économie mondiale et qu’elle est l’exemple–type des déséquilibres. Ses usines produisent pour les Etats-Unis et l’Europe et le produit de ces exportations est re-prêté à l’Occident. Les Etats-Unis répètent que tout ça peut se rééquilibrer si Pékin arrête de sous-évaluer sa monnaie. Pékin répond que le problème, ce ne sont pas les excédents chinois mais les dettes américaines. On n’en sort pas. Le sommet de Séoul avait échoué sur ce point. Ce week-end, ce conflit est revenu. Les Chinois ont refusé que les réserves de change figurent parmi les indicateurs. Parce que leurs caisses débordent, 2.850 milliards de dollars. Mais en contrepartie, ils ont dû accepter que leur taux de change soit un peu plus sur la table des discussions.

Et ces indicateurs vont changer quelque chose ? Les chiffres sont connus ! En même temps, c’est un petit début et il est intéressant de noter que c’est une pression franco-allemande qui a contraint Pékin à bouger. En fait, les deux questions à se poser sont les suivantes. La méthode française pour ce G20 est-elle la bonne, de viser beaucoup d’objectifs à la fois pour en atteindre quelques uns ? Réponse fin 2011. Deux : le G20, qui a bien fonctionné pendant la crise, va-t-il encore être efficace ou sombrer, comme le G7 avait fini par ne plus être qu’une machine assez ridicule à produire des communiqués alambiqués ? C’est un risque.

Quel va être le rôle de DSK dans tout cela ? Une chose saute aux yeux depuis hier. Sa candidature probable en France et sa fonction au FMI posent un problème. Tout ce qu’il dira au nom du FMI sera lu comme un message aux Français. Parce que ce sera le cas. Sur France 2, il a parlé dix fois du déclassement européen, de la « souffrance » européenne et française, de la crise sociale. Il disait l’Europe pour qu’on entende la France. Est-il encore objectif ? Sur la relance, la rigueur, la question de sa neutralité et de sa crédibilité à la tête du FMI va être posée d’ici l’été – et pas seulement en France. Un dernier détail : DSK a affirmé qu’un quart des salariés gagnaient moins de 750 euros par mois. En fait, ce chiffre correspond à un quart de revenus (y compris les pensions…). Soyons précis !

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