Par Jean-Marc Vittori.

Accord à l'arraché sur le nouveau plan de sauvetage de la Grèce cette nuit. Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ? C'est tout simple : l'Etat grec n'a pas en caisse les 15 milliards d'euros qu'il doit verser à ses créanciers dans exactement quatre semaines. Sans accord, il aurait donc fait défaut, ce qui aurait eu des effets dévastateurs sur la finance européenne et au-delà. Alors bien sûr, les ministres européens des finances se sont battus comme des chiffonniers sur des pourcentages virtuels de dette publique grecque en 2020, mais les grands accords ont tous leurs petites mesquineries. Ceci dit, il faudra bientôt remettre l'ouvrage sur le métier, faire encore un plan de sauvetage. Car comme c'est le cas depuis le début de cette crise, on suppose que la Grèce est sur le point de renouer avec la croissance qui lui permettra de dégager l'argent à rembourser. C'est une erreur. La production continue de chuter. Athènes n'aura donc pas les moyens de rembourser une dette déjà bien amputée.Tous ces plans de sauvetage servent-ils donc à quelque chose ? Il serait facile de répondre non, que tout ça ne sert à rien, que la Grèce ne sortira pas de la crise en restant dans la zone euro. Mais ce n'est pas vrai. Car les plans successifs permettent d'acheter une matière précieuse : le temps. Les banques ont pu mettre de l'argent de côté au fur et à mesure pour encaisser le choc, ce qui aurait été impossible à faire d'un coup. Les créanciers ont aussi eu le temps de se faire à l'idée désagréable qu'ils allaient perdre l'essentiel de leur argent placé en Grèce. Le processus est bien sûr chaotique, et il ne peut sans doute pas être autrement. Mais il contribue à résoudre le problème grec d'une dette trop lourde. Et c'est l'essentiel.On n'entend pas beaucoup parler de la Grèce dans la campagne électorale française. Est-ce que c'est parce qu'il y a consensus sur la question ? C'est impossible à dire. Car il y a là une vraie différence, une forte asymétrie. A droite, le gouvernement prône un sauvetage raisonné de la Grèce, et fait avancer tant bien que mal ce dossier à Bruxelles. Nicolas Sarkozy passe même des nuits entières avec Angela Merkel en tout bien tout honneur. A gauche, on critique et c'est normal, puisque la gauche est aujourd'hui dans l'opposition. Mais dans moins de trois mois, le socialiste François Hollande sera peut-être à l'Elysée. Or il n'a dit pour l'instant que des banalités sur la Grèce. Oui, il faut l'aider. Et puis il faut lui apporter non seulement de l'austérité mais aussi de la croissance. OK, on est d'accord à 100%. Mais qui doit sauver la Grèce, avec quelle coalition d'intérêts ? Comment lui faire retrouver la croissance ? Ces questions sont au cœur du débat européen depuis maintenant deux ans, et vont y rester dans les prochains mois. On sait qu'il ne faut pas confondre Hollande avec les Pays-Bas, qui rêvent d'instaurer un directoire européen à Athènes. Ca ne suffit pas. Le candidat socialiste doit répondre à ces questions!

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