Quand l’économie se moque de la politique...

Il fût un temps où pendant les campagnes électorales, l’économie s’arrêtait. Ou, sinon l’économie dans son ensemble, la vie des affaires s’interrompait. Les entreprises évitaient de trop se montrer pour échapper aux balles perdues, elles ne lançaient pas d’opérations surtout si elles avaient des conséquences sur l’emploi. Manifestement, en 2017, ce n’est plus le cas : la vie continue. Hier, à deux mois de la présidentielle, on a appris qu’une majorité de pilotes d’Air France sont d’accord, à l’issue d’un référendum interne, pour la création d’une compagnie low-cost au sein du groupe. En d’autres temps, un dossier de ce type aurait pu devenir un enjeu politique, ce qui ne semble pas être le cas. Il y a quelques jours, le groupe automobile PSA a annoncé son intention de racheter Opel. Ce n’est pas rien. Cela fait plusieurs semaines que Canal +, propriété de Vivendi, et l’opérateur de télécoms Orange discutent d’un rapprochement commercial. S’il n’y a pas à ce stade de schéma capitalistique, c’est un sujet sensible puisque l’Etat est actionnaire d’Orange. Bref, le calendrier politique ne gèle pas le calendrier économique. C’est nouveau.

Alors, pourquoi à votre avis ?

Il y a deux lectures, une positive, et une autre qui l’est moins. La lecture positive est qu’il y a une forme de maturité générale. Les responsables politiques ne cherchent plus à sauter sur le moindre sujet qui bouge et laissent la vie des affaires se dérouler. S’il y a une opportunité pour PSA de racheter Opel, c’est le moment et les conséquences seront examinées en temps voulu. Si Air France réussit à se transformer pour survivre face aux consommateurs qui exigent des billets d’avion peu chers, inutile de mettre des bâtons dans les roues. La lecture moins positive est qu’il y a sentiment, chez les acteurs économiques, que la campagne électorale a démarré depuis tellement longtemps que retarder ou accélérer les décisions n’est tout simplement plus possible. Il y a aussi du désintérêt pour cette séquence qui tourne sur elle-même, sur les faux-pas des candidats et leur image, davantage que sur leurs projets. Alors, version optimiste ou pessimiste ? On va opter pour la maturité du pays jusqu’à être démenti par les faits. Pendant la campagne, la vie continue y compris pour les entreprises.

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