Le conseil d’orientation des retraites présentera demain un nouveau rapport sur les retraites. Vous l’avez lu.

Le sujet des retraites revient en première ligne. Le gouvernement envisage des mesures de redressement à court terme, avant une refonte plus large. C’est pour cela que la négociation sur les retraites complémentaires (Agirc et Arrco) est importante : ce qui y sera décidé donnera des idées à l’exécutif, par exemple la désindexation partielle des pensions par rapport aux prix - inévitable à mon avis. En décembre, le conseil d’orientation des retraites avait présenté ses nouvelles prévisions financières. Cette fois-ci, il va dans le détail des systèmes de retraite. Et ce qui est intéressant est qu’il balaie quelques idées reçues. Quelques idées que nous sommes nombreux à avoir !

On va regarder cela. Première idée reçue : les retraités ont un niveau de vie supérieur à celui des actifs.

L’inverse a longtemps été vrai, mais on entend souvent, effectivement, que les retraités vivent mieux que les autres. Eh bien, c’est faux : grosso modo, le niveau de vie est le même, en tous cas en euros par mois par unité de consommation. Mais attention : pour comparer complètement, il faut tenir compte d’autres éléments : les dépenses de santé, le temps libre ou encore l’absence de frais professionnels.

Deuxième idée reçue : les retraités actuels sont les plus privilégiés, ce sont eux qui auront la retraite la plus longue.

Parce qu’ils ont arrêté de travailler tôt et que l’espérance de vie augmente. Erreur : selon les calculs, c’est la génération 1955, née en 1955 (ceux qui ont 58 ans aujourd’hui), qui aura la retraite la plus longue, environ 25 ans et demi. On le sait en croisant les données sur les règles de la retraite et les prévisions d’espérance de vie. Après, ça va baisser.

Troisième idée reçue : les fonctionnaires ont un taux de remplacement beaucoup plus élevé que le secteur privé.

Ce taux, c’est le rapport entre la pension et le dernier salaire. On pense que les fonctionnaires sont hyper-avantagés parce que leur pension est calculée sur leur salaire des six derniers mois, les mieux payés, alors que sont les vingt-cinq dernières années dans le privé. En fait, le COR indique que le taux de remplacement médian tourne autour de 75% dans les deux cas, parce que les primes des fonctionnaires sont écartées. La vérité oblige à dire néanmoins qu’en regardant seulement ceux qui ont une carrière complète, sans chômage, les fonctionnaires sont très avantagés.

Conclusions de tout cela ?

Jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu de génération sacrifiée au système de retraite. Mais 1 - on ne sait pas qui va payer pour ceux qui prendront leur retraite dans dix ou vingt ans ; et 2 - point oublié, toutes les prévisions s’appuient sur le fait que l’espérance de vie continuerait à progresser comme elle l’a fait depuis trente ans. Si ce n’était pas le cas, tous ceux qui cotisent beaucoup actuellement et qui partiront de plus en plus tard, eh bien ils seront les dindons de, ce qui n’est pas une farce.

Les liens

Le blog de Dominique Seux

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.