psa valide un projet d'entrée au capital de l'état et de dongfeng
psa valide un projet d'entrée au capital de l'état et de dongfeng © reuters
**Le gouvernement a confirmé hier soir son soutien à l’accord qui se négocie entre le groupe PSA et le chinois Dongfeng. Il est prêt à rentrer lui aussi au capital. Est-ce un bon deal ?** Ecoutez, ce qui est intéressant est de voir que le débat public depuis vingt-quatre heures ne porte pas forcément sur la question la plus importante. [Le débat public, politique, concerne l’entrée au capital de PSA Peugeot Citroën du chinois Dongfeng à hauteur d’environ 14%](http://www.franceinter.fr/depeche-psa-valide-un-projet-avec-letat-francais-et-dongfeng-0). Le Tigre chinois va-t-il manger le Lion de Sochaux, est-ce le loup dans la bergerie ? En clair, l’accord d’aujourd’hui prépare-t-il les délocalisations de demain ? Cela, c’est une bonne question mais la première question à se poser est quand même de savoir si ce deal – comme vous dites – va, peut, sauver le constructeur. **Parce que vous pensez que s’allier à un chinois est sans danger ?** Si les bonnes garanties sont posées, il n’y a pas de raison d’avoir peur.[ De ce point de vue, l’entrée de l’Etat au capital est une bonne chose](http://www.franceinter.fr/depeche-letat-fera-tout-pour-que-psa-reste-francais-assure-moscovici). Sarkozy avait sauvé Alstom de cette façon là et on sait qu’Obama a fait la même chose avec General Motors. On a tous en tête le souvenir de Péchiney, disparu corps et âme par naïveté. Pour revenir aux chinois, dans la mondialisation, les partenariats ne sont pas seulement une solution, ils sont une obligation. C’est vrai qu’il vaut mieux agir en offensive comme Renault avec Nissan qu’en défensive comme PSA qui a urgemment besoin d’argent frais avec Dongfeng. Mais l’équation est simple : la Chine est déjà le premier marché automobile mondial, plus de 20 millions de véhicules vendus en 2013, devant les Etats-Unis et l’Europe. Le fossé va évidemment se creuser. Il faut donc y être, en Chine. **Là n’est donc pas la question. Vous dites qu’elle est, la question, sur un autre point – la pertinence de l’accord.** Nous n’avons pas la réponse mais le débat est là : ce qui est train de se préparer, est-ce cela qui va assurer la pérennité de l’entreprise à cinq ou dix ans ? Peut-être que oui, on espère que oui, ce n’est pas sûr à 100%. Car de quoi parle-t-on ? L’Etat va apporter de l’argent, Dongfeng aussi et le chinois peut ouvrir un peu plus les portes du marché asiatique. Mais cela ne résout pas le problème global de taille de PSA. Problème crucial. Les trois premiers constructeurs mondiaux, Toyota, Volkswagen et GM vendent chacun 10 millions de voitures, l’alliance Renault-Dacia-Nissan 8, Ford et Fiat-Chrysler 5 et PSA moins de 3. PSA, qui est un généraliste, est trop petit, pour ses achats, sa recherche, sa production, sa politique commerciale. Il est attaqué par le haut (les spécialistes haut de gamme) et les low cost. Le projet d’accord ne traite pas ce problème. Enfin, dernière question : comment court un Lion à trois têtes, avec l’Etat, la famille Peugeot et un groupe chinois ? Le risque, c’est de courir à hue et à dia ! **Conclusion avec toujours ma question : est-ce un bon deal ?** C’est un deal fait le couteau sous la gorge, qui a du sens néanmoins mais qui ne suffira pas sauf à inventer vite des voitures qui feront des cartons en concessions. ### La nouvelle composition du capital de PSA :
La Chine et l'Etat français dans le capital de PSA
La Chine et l'Etat français dans le capital de PSA © Radio France
## Les liens [Le blog de Dominique Seux](http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/dominique-seux-r59.html)
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