Emmanuel Macron a tenu des propos qui ont hérissé une partie de la gauche hier : "La vie d'un entrepreneur est bien souvent plus dure que celle d'un salarié".

Oui, et c’est cela qui est extraordinaire, que des propos banals -finalement- suscitent de l’émotion. Mépris de classe, pensée archaïque, poujadisme chic : ce sont les critiques que l’on a entendu dans la bouche de Florian Filippot (FN), Jean-Luc Mélenchon, des frondeurs. Tandis que Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS, aurait apparemment aimé que Macron dise: la vie d’un entrepreneur est parfois plus dure que celle d’un salarié. Parfois , pas souvent . Et on a ressorti les chiffres sur les salaires et l’espérance de vie comparée des uns et des autres. Ridicule. Remarquons d'abord que Macron ne parlait pas des grands patrons, ni même des chefs d’entreprise, mais des entrepreneurs, ceux qui sont en train de créer une activité. C'est différent. Car oui, ensuite , c’est vrai, la vie de quelqu’un qui entreprend –un artisan, une start-up, une PME reprise, un écrivain, un artiste- est plus dure que les autres. Tous les jours, il faut trouver des clients, des idées, des fournisseurs. Créer quoi. Et ce qui est caractéristique, c'est que l'on peut tout perdre, beaucoup d'entrepreneurs au début ne se paient pas. Dire cela n’est pas faire injure aux salariés qui exercent des métiers difficiles, dans le public ou le privé et qui créent aussi bien sûr. Mais leur vie peut être dure, ils ont un revenu en fin de mois. On est dans un pays fou où une phrase aussi triviale est démontée et vilipendée. Il y avait eu la même déformation quand Macron avait dit, littéralement dans Les Echos je cite : Il faut des jeunes français qui aient envie de devenir milliardaires. Cela s’était transformé en : il faut que les jeunes Français aient envie de devenir milliardaire. Puis, Macron pense que la seule réussite c’est de devenir milliardaire. N'importe quoi.

Conclusion ?

La différence entre les entrepreneurs et les autres, c'est que leur activité est mortelle. Que tous ceux dont le salaire tombera dans neuf jours, le 31, se demandent ce qu'ils feraient si, à partir du 1er février, ils doivent dégager leur propre revenu pour vivre et faire vivre d'autres personnes, des salariés.

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