Les échanges entre les maires et Emmanuel Macron montrent que les Gilets Jaunes n'ont pas le monopole du terrain. Les élus des villages comme des villes connaissent la vie de leurs concitoyens et ils agissent autant qu'ils le peuvent sur des sujets souvent complexes, loin de caricatures et des slogans simplistes.

Emmanuel Macron devant 600 maires à Souillac, Lot, le 18 janvier 2019
Emmanuel Macron devant 600 maires à Souillac, Lot, le 18 janvier 2019 © Maxppp / LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

J'ai écouté les 6 heures 32 d’échanges entre Emmanuel Macron et 600 élus d’Occitanie. C’était vendredi à Souillac dans le Lot, et beaucoup de ceux qui les ont suivis ont été bluffés par la performance du chef de l’Etat qu’aucun sujet ne semble désarçonner y compris très pointus – il y a eu entre autres un morceau de bravoure mémorable sur les Ours des Pyrénées. 

Mais ceux qu’il faut surtout saluer je crois, ce sont les maires. Comme en Normandie trois jours plus tôt, nous avons eu sous les yeux la démonstration qu’ils sont ce qu’on appelle le terrain, et que les Gilets Jaunes n’ont pas le monopole de ce terrain-là. 

Les élus savent ce que vivent leurs concitoyens et -le ET est crucial-, ils ont une expertise, qui nous emmène loin des slogans simplistes parfois entendus sur certains ronds-points. Ils sont des gestionnaires, à chaque fois cela correspond à des politiques publiques, des centaines de milliers, des millions, des dizaines de millions d’euros : la réalité est complexe, ils le savent, ils la connaissent. Alors vendredi du coup, les sigles ont défilé : DGF, Loi NOTRe, Loi NOME, FCTVA, AME, APL, je vous épargne leur signification et j’en passe. 

Mais quelle que soit la taille de leur village ou ville, de 250 à 100.000 habitants, ces élus ont fait l’effort de se mettre à niveau sur les règles, les procédures, l’économie, toutes choses parfois techniques. 

Mardi en Normandie et vendredi à Souillac, c’était donc un dialogue entre des personnes en responsabilités, et non de simples commentateurs (comme nous) ou d’autres qui se contentent de débiter des mensonges, des infox, comme ceux proférés par exemple sur la vente de l’Alsace-Lorraine à l’Allemagne par Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan – au passage, comment osent-ils ? 

Identifier et régler les problèmes est plus difficile que de crier « Macron démission », mais c’est plus noble et efficace aussi. 

De ces discussions, des idées concrètes vont-elles sortir ? Si Emmanuel Macron ne retenait aucune des pistes lancées par les élus au cours de ces échanges (le prochain est prévu jeudi en Ile-de-France), et surtout de ce que diront les Français, ce serait terrible. Je vous donne deux idées très pratiques entendues à plusieurs reprises au cours des débats : le permis de conduire à partir de 17 ans et améliorer vraiment le recouvrement des pensions alimentaires pour les parents (souvent des mères) célibataires.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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