Les prospectives de Dominique Seux avec des mots d’actualité … sanitaire pour répondre à votre question. Il y aura des variants et des invariants, c’est-à-dire des choses qui changeront et d’autres qui ne changeront pas dans la relation avec l’Europe.

Que peuvent attendre les Européens de Joe Biden ?
Que peuvent attendre les Européens de Joe Biden ? © AFP / The Washington Post

Ce qui va changer, c’est le retour d’une forme de multilatéralisme, en clair cela veut dire que les Etats-Unis vont davantage dialoguer et moins tweeter. Cela sera sûrement plus ennuyeux, mais aussi plus rassurant. Naturellement, le retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat a une dimension symbolique et politique. 

Mais il a surtout une dimension économique

Washington, sur les énergies, sur l’automobile, sur l’Alaska etc. va changer, et l’Europe ne sera plus seule à faire des efforts. Les Etats-Unis vont investir beaucoup d’argent et cela aidera la relance mondiale. Reste à savoir si le virage vert de Biden sera seulement positif ou également négatif. 

Positif, c’est toujours le plus facile : pour aller vite, c’est le développement des énergies renouvelables et des aides aux voitures électriques. L'écologie négative ou punitive, c’est plus difficile et, là, les lobbys se battent : cela signifie qu’il y a aussi, par exemple, des interdictions de forage de puits pétroliers et de faire circuler certaines voitures polluantes, des fermetures de centrales à charbon. Ce sera à coup sûr un test. 

Ce qui va changer, ensuite, et ce qu’attendent beaucoup les Européens, c’est la levée des droits de douane installés par Trump sur les pièces d’Airbus, l’acier, et des produits de l’agriculture et du vin.  

Et maintenant, ce qui ne changera pas ? Les invariants ?

L’attitude de l’administration Biden, sur la Chine, ne sera pas très différente de celle de Donald Trump, en tous cas sur le fond. Pékin, c’est la puissance qui veut prendre la place de Washington comme leader du monde – et Trump a eu le mérite de décomplexer tout le monde. Bref, Biden ne sera pas Obama. Enfin, ce qui ne changera pas non plus, quel que soit le président, c’est l’utilisation du levier de l’énorme puissance numérique des Etats-Unis avec leurs GAFA pour conserver le soft power made in USA sur les plans économique, culturel et politique. Face à ce rouleau compresseur, l'Europe n'a que les leviers défensifs de la régulation et de la fiscalité à agiter.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter