François Baroin sera auditionné aujourd’hui par les députés sur le Budget 2012. Il leur apportera une bonne nouvelle.

Cela ne sera pas dit clairement, mais les députés décrypteront le message. L’information est que le gouvernement ne prépare pas, pour le budget 2012, de mesures supplémentaires d’économies dans les dépenses publiques par rapport à ce que l’on sait déjà. Pas de coupes claires. Pas de mauvaises surprises cachées dans les coins –enfin a priori. C’est un changement. L’an dernier en juin, le même François Baroin annonçait une batterie de décisions difficiles et impopulaires. Souvenez-vous : suppression d’un allégement de cotisations sur les emplois à domicile, non-cumul de l’aide au logement des étudiants et d’une demi part fiscale (finalement abandonné), etc. Au total 150 mesures dans le cadre de la "RGPP". Eh bien, ce plan d’économies dans les dépenses a si bien marché qu’il suffit ! Rien, donc, à attendre de neuf cette année.

La proximité des élections n’y est pas pour rien. Il est tentant de se dire que Nicolas Sarkozy et François Filllon jouent la carte d’un budget électoraliste. C’est tentant, mais c’est aller vite en besogne. En réalité, le gouvernement calme le jeu mais il maintient deux orientations à la fois symboliques (au sens fort) et très concrètes. D’abord, le gel des salaires des 5 millions de fonctionnaires en 2012 comme en 2011. Il y aura des augmentations liées à l’ancienneté, aux promotions, mais pas de hausse générale ; avec les conjoints et les enfants, environ 15 millions de Français sont concernés. Ensuite, il y aura la suppression de 30.000 postes l’an prochain. Au total, cela fera 145.000 postes en moins sur le quinquennat pour l’Etat. Franchement, on a connu des décisions plus démagogiques !

Mais électoralement, qu’est-ce qui est payant, les économies ou les dépenses ? A court terme, les économies ne sont pas payantes, c’est tout le problème. Les Français n’ont jamais été très sensibles à la question des déficits. Il suffit pour s’en convaincre de voir combien la vingtaine de milliards d’euros déjà prêtés à la Grèce -et que l’on ne reverra peut-être jamais- ne suscite aucun débat alors même qu’une autre "tranche" va être débloquée. Les Français voient davantage les fermetures de classes en primaire ou les fermetures de gendarmeries. La réalité, pourtant, est que l’absence de nouvelles mesures d’économies n’est pas une vraie bonne nouvelle. Tout indique au contraire que la situation du Budget ne s’améliore pas assez, surtout si la conjoncture se retournait.

Cette année, le déficit de l’Etat s’élève encore à 92 milliards d’euros –l’équivalent de 10 millions de voitures d’entrée de gamme ! - Comment faire ? Beaucoup de choses ont été lancées : rationalisation des achats des administrations et du parc immobilier, regroupements de services, etc. Mais cette Revue générale des politiques publiques s’est conclue par 7 milliards d’euros d’économies, on est loin du compte. Cela veut dire que les coups de rabot ne permettront jamais de redresser la barre – on fait comme cela depuis trente ans. Des hausses d’impôt ou, surtout, des réformes structurelles, profondes, seront inévitables si on veut éviter que la lassitude que l’on constate désormais vis-à-vis de la Grèce ne nous concerne un jour. Bref, il faut réformer plus pour dépenser moins et mieux.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.