Ce matin, zoom sur le bras de fer entre Valérie Pécresse, la présidente de la Région Ile-de-France, et Manuel Valls sur le pass Navigo...

Oui, parce que ce bras de fer et ses raisons donnent à voir ce que ne devrait pas être la politique, le fonctionnement politique. Ils illustrent à merveille les raisons de la décrédibilisation des responsables publics. D'abord, pour ceux qui habitent en région, le pass Navigo est le titre de transport qui permet à des millions de Franciliens d'utiliser les transports publics (SNCF et métro) pour un tarif unique de 70 euros par mois quelle que soit la distance. Qu'on se déplace uniquement à Paris ou qu'on parcourt la région jusqu'à 50 kms. Valérie Pécresse et Manuel Valls se disputent sur le financement de ce dispositif très coûteux. Ne cherchons pas à savoir qui a raison qui a tort - il y en a des deux côtés, vous allez voir -, mais regardons les nœuds du bras de fer. Le point de départ, c'est l'initiative assez électorale de Jean-Paul Huchon, l'ancien président socialiste de la Région, qui a mis en place ce pass navigo le 1er septembre dernier, trois mois pile avant les élections régionales, sans que le financement total soit assuré. Après moi le déluge. Coût de ce dézonage (parce que le tarif a beaucoup baissé pour les non parisiens) : 500 millions. A l'époque, des voix socialistes osent dire une vérité, mais dans le désert : ce cadeau aux voyageurs est décidé parce que la Région et la SNCF sont incapables d'améliorer l'offre de transport, la ponctualité (la ligne C du Transilien) et la modernisation des rames. Bref, ce n'est pas glorieux.

Et Valérie Pécresse, des Républicains ?

Elle use de ficelles politiques. Pour obtenir que l’État comble les trous, elle annonce que si ce n'est pas le cas, elle augmentera de 15 euros l'abonnement mensuel et qu'elle appelera cela la taxe Valls. C'est du chantage. Elle pousse le bouchon plus loin puisque cette hausse permettrait de financer le pass Navigo mais aussi des nouveaux projets en plus. Tout cela est très policitien. Pendant ce temps, personne n'ose rappeler que le pass Navigo est déjà le moins cher d'Europe et qu'il est remboursé à moitié aux salariés par les entreprises, donc il coûte 35 euros par mois pour parcourir 12.000 kms2. Jusqu'où ira la culture de la fausse gratuité ?

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