L’Insee a interrogé les entreprises sur les freins à l’embauche. Une enquête inédite.

Oui, c’est une enquête qui figure dans la Note trimestrielle de l’Insee publiée hier soir, note qui par ailleurs confirme que la croissance accélère doucement puisque qu’elle serait au plus haut niveau depuis six ans, à 1,6%, ce qui permettra au chômage de reculer. "Une croissance solide" titre d’ailleurs l’Insee qui mouille sa chemise et évite les formules parapluie du type "l’économie au milieu du gué" ou "une reprise contrastée". Mais que faut-il faire pour créer davantage d’emplois ? L’institut a interrogé à deux reprises, en janvier et en avril, 10.000 chefs d’entreprise -ce n’est pas rien- pour leur demander ce qui freine leurs embauches. Les résultats sont intéressants. Un sur deux évoque des barrières à l’embauche, la proportion monte à trois sur quatre dans le bâtiment. Quels sont ces freins ? Le premier, et c’est logique, c’est le carnet de commandes. J’ai besoin d’embaucher aujourd’hui, mais est-ce que ce sera encore le cas dans un an ? Comment vais-je faire ? Le deuxième, c’est la difficulté à trouver de la main d’œuvre compétente. Le troisième, c’est le coût du travail trop élevé. Le quatrième, enfin, c’est la réglementation du travail, citée par 18% des patrons.

Quelle conclusion en tirer ?

La plus évidente : tiens, tiens, le droit du travail arrive bien bas dans les préoccupations des entreprises, le gouvernement est à côté de la plaque en voulant par exemple revoir les conditions du licenciement et les indemnités prud’homales. Et effectivement, ce qui choque le plus, ce qui paraît le plus absurde, c’est la proportion d’entreprises -élevée- qui ne recrutent pas parce qu’elles ne trouvent tout simplement pas la main d’œuvre qualifiée dont elles ont besoin. C’est rageant –même si il faut voir quel salaire elles proposent. Le sujet de la formation est donc immense. Mais en réalité, quand on regarde de près l’enquête de l’Insee, on voit que les freins à l’embauche sont multifactoriels, ils se cumulent. Il faut agir sur plusieurs tableaux. Un exemple concret qui figure pas dans la Note ? L’Insee a du mal à recruter ses enquêteurs en Ile-de-France. On susurre en interne que c’est parce qu’ils sont sous contrat de droit public trop peu flexibles. Les freins sont partout.

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