Quand les impôts changent nos comportements, pour le meilleur et pour le pire. Pour le pire : c’est le cas des emplois à domicile ; pour le meilleur : c’est peut-être le cas de l’automobile.

C’est un « lancement » - comme on dit - mystérieux, mais à partir, vous allez voir, de deux informations publiées hier. On va commencer par la mauvaise nouvelle, quand une modification fiscale a des conséquences désastreuses. Je parle des changements qui ont été décidés ces dernières années pour les emplois à domicile. La Fédération des particuliers employeurs a rendu public une étude indiquant que plus de 30.000 emplois équivalent temps plein de « nounous », de gardes malades, de jardiniers par exemple, ont été détruits ces trois dernières années. Des dizaines de millions d’heures de travail déclarées ont disparu. On précise : « déclarées » parce que la hausse des cotisations sociales a fait repartir vers le « noir » des emplois. Et ces chiffres ne sont pas farfelus, inventés par le lobbying de professionnels en quête de subventions. L’Acoss, la banque de la sécurité sociale, a aussi révélé que le nombre de particuliers employeurs est repassé sous la barre des deux millions. Si on n’avait pas peur d’enfoncer une porte ouverte, on dirait que c’est une preuve aussi forte que la pomme de Newton pour la gravité que trop d’impôt tue l’impôt et l’emploi.

Mais, vous le disiez, on a heureusement une autre nouvelle qui va cette fois en sens inverse : bien pensé, l’impôt peut changer les comportements dans le sens de l’intérêt général.

Oui, et on pense au bonus-malus automobile. Mon confrère des Echos Maxime Amiot dévoile des chiffres qui montrent que le malus auto, qui renchérit, qui taxe, le prix des voitures qui polluent le plus, (ce malus auto) a un effet réel depuis le début de l’année. Les montants ont été considérablement relevés pour les véhicules qui émettent plus ou beaucoup de 131 grammes de CO2 au km (jusqu’à 8.000 euros). Et les ventes des véhicules concernés, des grosses cylindrées, ont baissé de 22% en quatre mois. La première cerise sur le gâteau est que ce sont surtout les acheteurs de voitures allemandes qui contribuent au malus, les acheteurs d’Audi, de BMW, de Porsche, au profit des françaises donc. Deuxième cerise : le malus fait déjà rentrer 100 millions dans les caisses de l’Etat depuis janvier, et au total, pour la première fois depuis 2008, le malus compensera le coût du bonus auto versé pour les voitures plus propres – qui se vendent bien. Voilà un impôt vertueux !

Au total, ce qui est clair est que l’impôt n’est pas neutre ...

Vous avez raison ! Mais ce qui est surtout vrai, c’est que les gouvernements l’oublient ou se trompent : c’est trop bête, ils n’avaient pas pensé que l’emploi à domicile baisserait et que le bonus-malus auto lui coûterait les yeux de la tête jusqu’à maintenant. Quizz du jour : quel sera l’effet sur la consommation et l’investissement de la hausse de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes et aisées qui avaient jusqu’à minuit pour renvoyer leur déclaration papier ? Je vais vous le dire : élevé.

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