La question est posée en ce lundi de Pentecôte, et Emmanuel Macron semble y être assez favorable…

Oui mais il devra convaincre les Français qui sont d’un avis inverse, selon un récent sondage. Le gouvernement va donc y aller prudemment. Une concertation sur la prise en charge de la dépendance va s’ouvrir à la fin du mois, pour des décisions fin 2018.

Alors le lundi de Pentecôte reste une bonne occasion de faire de la pédagogie : après la canicule de 2003, et ses nombreux morts, le gouvernement Raffarin en avait fait une journée travaillée, pour financer les maisons de retraite. Avant que la Pentecôte redevienne un jour férié, en 2008. Mais le principe de la journée de solidarité est resté, avec une date fixée librement par les entreprises. 

Gros avantage : elle rapporte 2,4 milliards sans augmenter le coût du travail - l’employeur paie une cotisation correspondant au temps supplémentaire travaillé. 2,4 milliards, c’est 10% des financements publics consacrés à la dépendance. Cela ne suffirait pas à long terme, on parle d’un doublement des besoins, mais une deuxième journée de solidarité simplifierait l’équation des prochaines années.

Mais pour les salariés, ce serait un nouveau jour de congé en moins

C’est pour cela que le dossier est sensible, mais il y a des arguments à avancer. D’abord, la durée du travail des salariés français à temps plein reste la plus faible en Europe, depuis les 35 heures. Même avec une deuxième journée de solidarité, ce serait toujours le cas. Cela peut justifier un sacrifice, à condition que tout le monde paie. Les indépendants, mais aussi les retraités. François Hollande l’a fait, en instaurant une cotisation dépendance sur les retraites, équivalente à celle de la journée de solidarité. Il suffirait de la doubler.

Mais il y a un hic : Emmanuel Macron a déjà augmenté la CSG des retraités, pour 60% d’entre eux, et ils ne l’ont toujours pas digéré. Cette CSG a financé la baisse des cotisations des salariés. Il aurait mieux valu la flécher vers la dépendance, mais c’est trop tard. Alors maintenant, pour faire accepter un nouvel effort aux Français, il va falloir leur prouver que la prise en charge serait vraiment mieux assurée. On reparlera alors peut-être d’une 2e journée de solidarité. 

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