Les collectivités locales mettent le pied sur le frein pour les impôts locaux. Pour la première fois depuis dix ans, les taux des impôts locaux, c’est-à-dire ceux de la taxe d’habitation et des taxes foncières, ces taux reculent légèrement en moyenne, de 0,2 ou 0,3%.

C’est la conclusion d’une analyse fouillée d’un cabinet spécialisé, FSL, pour Les Echos, qui concerne les villes de plus de 40 000 habitants. 

A un an des municipales de 2020, le tournant était attendu (c’est comme les travaux dans les rues un peu partout, ils s’arrêteront cet été), mais l’ampleur du tournant est plus forte que les années préélectorales précédentes. Tant mieux. Les maires et les départements ont effectivement freiné (légèrement) les taux des impôts locaux qui seront payés à l’automne. 

Pour deux raisons – en plus du calendrier électoral. 

  1. La première est qu’au moment où le gouvernement supprime petit à petit la taxe d’habitation, il aurait été vraiment de mauvais goût que les maires aillent dans le sens contraire en en profitant de manière trop voyante. La ficelle aurait été trop grosse et la manœuvre grossière. Mais bon, cette explication est de la tactique politique plus qu’autre chose, rien ne dit que les taux ne repartiront pas de plus belle les années suivantes, une fois que les Gilets jaunes saisis de ras-le-bol fiscal auront tourné le dos – après tout c’est ce qui s’est toujours passé. 
  2. La seconde raison est plus vertueuse. Sous la pression de l’Etat, celui de François Hollande puis celui d’Emmanuel Macron, les élus ont serré leurs dépenses de fonctionnement. Le gouvernement a passé des contrats avec elles et cela a marché. 

Mais attention : les annonces présidentielles d’avril sur les services publics dans tous les territoires peuvent faire repartir les dépenses et les impôts – on ne peut pas tout avoir.  

Mais attention aussi : il y a une petite entourloupe. Chaque contribuable va comprendre ce quoi je parle : dans l’impôt local, il y a les taux d’imposition et il y a les valeurs (d’un appartement, d’une maison) auxquelles on applique ces taux. Ce sont les valeurs dites locatives. Eh bien, les valeurs locatives seront revalorisées de 2,2% au titre de l’inflation au plan national, y compris dans les zones où la valeur réelle des biens baisse, c’est le Parlement qui l’a décidé. Cela veut dire concrètement que les impôts exprimés en euros augmenteront pour ceux dont la taxe d’habitation subsiste. 

C’est le genre d’entourloupe qui ne réconcilie pas les électeurs avec leurs élus de tous niveaux.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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