Le gouvernement va arbitrer ce week-end son plan de soutien à la filière automobile : ce sera un plan hybride qui aidera les voitures électriques et thermiques récentes.

Construction d'une "Zoe", véhicule électrique de Renault, à Flins dans les Yvelines
Construction d'une "Zoe", véhicule électrique de Renault, à Flins dans les Yvelines © AFP / Martin Bureau

Ce que prépare Renault a été beaucoup commenté hier, avec la fermeture de plusieurs sites et la reconversion de celui de Flins, dans les Yvelines, qui produit les Zoe électriques. Le constructeur a conclu son accord de prêt de 5 milliards d’euros avec les banques, il reste juste à Bruno Le Maire à apposer sa signature.  Renault présentera son plan de restructuration à deux milliard dans une semaine, le vendredi 29 précisément.

Mais dans la coulisse, ce qui se discute, c’est un plan d’aide à tout le secteur automobile, qui sera annoncé lundi ou mardi. 

Alors rappelons d’abord le paysage : les ventes ont plongé de 89% en avril. Le secteur dans son ensemble représente 900 000 emplois. On voit l’enjeu. 

Maintenant, le plan : la mesure principale devrait être un dispositif pour inciter les Français à acheter des voitures. On dit "devrait" parce que les constructeurs eux-mêmes sont divisés : PSA est contre (c’est une drogue), Renault est pour (on n’a pas le choix). 

Vous savez qu’il existe aujourd’hui tout un ensemble d’aides : la prime à la conversion pour abandonner une vieille voiture polluante et en acquérir une neuve ; le bonus écologique pour aider les consommateurs à franchir le pas des véhicules électrifiés et électriques, qui sont encore très chers. A chaque fois, ce sont plusieurs milliers d’euros d’appui, ce n’est pas rien du tout. 

La question posée au gouvernement est simple : à quel type de véhicule faut-il réserver le renforcement des aides à l’achat ? Aux voitures de demain, électrifiées, ou à celles qui constituent encore le gros du marché, les voitures thermiques les plus récentes, qui sont assez propres ? 

Le gouvernement n’a pas encore arbitré. Mais quels sont les arguments ? A priori, l’urgence climatique pousse à tout miser sur l’électrique, d’autant plus qu’une voiture tout électrique coûte encore 25 000 à 30 000 euros hors subventions. Par ailleurs, les petits modèles thermiques ne sont plus fabriqués en France, la question de l’emploi ne se pose pas. Donc, le bonus électrique sera sûrement gonflé

Mais -mais- les constructeurs et les concessionnaires ont des stocks de voitures classiques énormes sur les bras (pour 10 milliards d’euros, 400.000 voitures), ils risquent la faillite s’ils ne les vendent pas. Donc, la prime à la conversion sera elle aussi sans doute boostée. 

Au total, fromage et dessert.

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