Dans la nuit de vendredi à samedi, le patronat et les syndicats ont fini de négocier la réforme des retraites complémentaires. Que peut-on en retenir ?

La première chose neuve, c’est que l’on en parle ! C’est extraordinaire de penser que la France a discuté, débattu, défilé pendant six mois à propos de la réforme des retraites, mais que celle de l’Arrco et de l’Agirc n’intéresse personne. Pourtant, la part complémentaire représente 35% de la retraite des salariés non-cadres et 55% de celle des cadres. Explications : le secteur public n’est pas concerné, l’enjeu est moins symbolique que les 62 ans et une négociation entre le patronat et les syndicats est moins affriolante qu’une bataille de rue ou au Parlement. Donc, oui, un point final a été mis au point après des mois de négociations, un texte est prêt. Les syndicats vont donner leur réponse. La CFDT dira oui ; la CGT, la CFTC, la CGC non, Force ouvrière hésite. Bref, la réforme devrait s’appliquer mais un coup de théâtre est toujours possible.

Qui sort gagnant ? D’abord, rappelons le premier enjeu de cette négociation, technique mais qui « parlera » aux auditeurs qui vont cesser leur activité. Depuis 1983, un mécanisme finance la retraite avant 65 ans pour l’Agirc-Arrco. S’il n’avait pas été prolongé, les retraites auraient baissé de 20%. Eh bien, le mécanisme sera prolongé jusqu’en 2018. Deuxième enjeu : Le relèvement de 60 à 62 ans de l’âge légal de la retraite a un effet positif sur les comptes des régimes puisqu’ils verseront moins. Du coup, le patronat aurait voulu une baisse de cotisation ; il ne l’a pas eu ; les syndicats voulaient un coup d’arrêt à la baisse de rendement du point, des pensions, enregistrée depuis des années. Ils l’ont obtenu jusqu’en 2015. Bonne nouvelle.

Concrètement, quels autres changements pour les assurés ? Les retraites complémentaires sont versées actuellement au début de chaque trimestre. Elles le seront chaque mois. Grosse économie de trésorerie en vue pour l’Agirc-Arrco ! Autre réforme, concrète, sur les bonifications pour enfants. Ce sera 10% pour tous ceux qui ont élevé trois enfants et plus, avec un plafond. En clair, un bonus pour les revenus faibles, moyens, un vrai malus pour les cadres aisés qui ont quatre, cinq enfants. Enfin, le Medef, qui voulait diminuer la pension de réversion des conjoints, y a renoncé. Voilà pour le contenu si ce texte est appliqué.

Mais il y a aussi un enjeu caché de cette négociation... ... Qui explique en partie l’attitude hostile de la CGC. Le plus frappant est que les règles de l’Arrco (tous les salariés) et de l’Agirc (les cadres) sont de plus en plus les mêmes. La spécificité cadre disparaît. D’où la question : l’Agirc est-elle encore nécessaire ? Voilà l’enjeu institutionnel et social caché.

Une « brève » aussi ce matin, Les Echos publient le premier sondage sur le sentiment des Français vis-à-vis du nucléaire. Le premier depuis Fukushima. Ce sondage TNS-Sofres montre que 42% des Français sont favorables à l’abandon du nucléaire en France demandé par les écologistes ; 55% n’y sont pas favorables. Pour la petite histoire, le sondage a été commandé par EDF, qui a décidé de le rendre public en constatant que le déferlement d’images sur la catastrophe de Fukushima n’a pas retourné totalement l’opinion contre le nucléaire.

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