C'est une petite bombe et on l'a appris hier : le burger a détrôné en France le jambon-beurre.

Jusqu'ici il avait résisté, mais le classique jambon-beurre s'est fait détrôné par le burger
Jusqu'ici il avait résisté, mais le classique jambon-beurre s'est fait détrôné par le burger © Getty / Foodcollection RF

Oui, il s’est vendu sur notre territoire national 1,4 milliard de burgers l’année dernière, avec une progression d’environ 10%, contre 1,2 milliard de sandwiches jambon-beurre. Les courbes se touchaient en 2016, elles se sont croisées (ou inversées comme vous voulez) en 2017, c’est un tournant manifestement historique (la petite histoire quand même) mais qui a passionné toute la journée les médias internationaux. 

Le cabinet Gira conseil, qui a fait ces savoureux calculs, a passé parait-il la journée à répondre aux médias américains, asiatiques et européens, médias intéressés voire affolés par cette victoire de l’american food sur la french belle gastronomie. Sauf que l’histoire est un tout petit peu plus compliquée. Ce qui est vrai, c'est que le burger explose, c’est indiscutable. On n’en trouve plus seulement dans les fast-foods mais dans tous les restaurants, y compris les meilleurs. Il est désormais servi à table et c'est ce qui fait son succès depuis quelques années. 

C’est le nouveau steak frites, tandis qu’on ne vous sert pas un jambon-beurre dans votre assiette, jambon-beurre qui se prend au comptoir et qui a quand même une image désuète, ringarde. Le succès du burger tient enfin au fait qu’il contient quatre produits que l’on consomme beaucoup ici : pain, viande, fromage et frite. C'est donc une tendance de fond et voilà pourquoi nous nous précipitons.

Mais attention aux lectures trop faciles

Oui, attention à ne pas conclure un peu rapidement que la culture américaine l’a définitivement emporté sur nos traditions tricolores, comme le susurrent et s’en réjouissent peut-être in petto nos amis étrangers. 

Non, le burger n'a gagné car ce n'est plus tout à fait le burger, il n'a plus de connotation made in USA. Les aliments le composant sont très français, il n’y a pas de cheddar, il se consomme avec fourchette et couteau, bref nous avons nationalisé le burger. Cela s’appelle de l’assimilation. Faut-il avoir un brin de nostalgie pour le jambon-beurre ? Non, il n’est pas mort tout de même et il reste beaucoup moins cher. 

Bon voilà, je crois que je vais longtemps me demander comment j’ai pu éditorialiser deux minutes sur le burger et le jambon-beurre.

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