Et pendant ce temps, les dépenses de l’Etat filent…

Quand je vous ai demandé hier, Patrick, si je devais traiter moi aussi les primaires, vous m’avez dit : non, il faut un autre sujet pour donner une touche de couleur. Eh bien, la touche de couleur, c’est le budget : c’est peut-être un peu gris, mais il y a un élément intéressant que l’on sait depuis quelques heures. Le gouvernement actuel, qui a fait de vrais efforts pour tenir les dépenses depuis 2012, se relâche clairement à l’approche de la présidentielle. Ce qu’on appelle le collectif budgétaire montre qu’il y aura cette année 7 milliards d’euros de dépenses supplémentaires par rapport à ce qui était prévu. Le Haut conseil des finances publiques, qui est un organisme public mais indépendant s’en est presque étranglé, il dit que le niveau des sous-budgétisations atteint un niveau, je le cite, sans précédent.

Quelles sont les dépenses nouvelles ?

La revalorisation du salaire des fonctionnaires, les opérations militaires extérieures, un gros dérapage de la prime d’activité, qui remplace l’ancien RSA et la prime pour l’emploi pour les travailleurs pauvres, etc. Bon, normalement, toutes ces dépenses devraient creuser le déficit de l’Etat. Mais c’est là que le gouvernement a de la chance. Trois milliards d’euros de nouvelles économies arrivent sur un plateau grâce à la baisse du coût de la dette publique, à la baisse donc des taux d’intérêt –bref, si on était joueur on dirait un coup de main de la finance. Et la France verse également un peu moins à l’Europe. Au total, miracle, l’objectif de déficit reste le même.

Au total, cela dit quelque chose pour l’après-présidentielle ?

Oui. Trois choses. Un : Comme à chaque élection, un audit de la Cour des comptes sera vraiment nécessaire si le pouvoir change de mains. Deux : les électeurs de la droite ont montré hier qu’ils étaient sensibles à cette question des finances publiques, à la « faillite » évoquée par François Fillon dès 20…07, faillite contre laquelle il a le projet sans aucun doute le plus résolu, dont le réalisme économique, politique et social devra être indubitablement être questionné. Trois : les électeurs de droite ont éliminé le seul candidat qui leur promettait une baisse de l'impôt sur le revenu. On ne dira plus qu'ils votent avec leur portefeuille.

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