La décision a été prise hier soir : Paris accueillera en 2019 l’Autorité bancaire européenne.

Oui, l’ABE en français, l'EBA en anglais, une autorité qui est à Londres et qui, pour cause de Brexit, va traverser la Manche. Paris l’a emporté face à Francfort et Dublin, à l’issue d’un vote mais aussi d’un tirage au sort parce qu’au dernier tour de scrutin Dublin et Paris étaient à égalité. Qui a dit qu’Emmanuel Macron n’avait pas de chance ? Il y a quand même un paradoxe amusant à voir que la France héberge cette Autorité bancaire, la France dont un ex-président avait pour "adversaire" la finance. La France, qui à l’inverse a été recalée hier aussi pour recueillir l’Agence européenne des médicaments, alors que nous sommes si fiers de notre système de santé. Cette finance n’est pas rancunière puisque l’autorité européenne de surveillance des marchés financiers est déjà à Paris. Au-delà de l’enthousiasme manifeste de ma voisine Charline, qui sautille de joie sur place, est-ce une bonne nouvelle ? Bon, numériquement, c’est modeste. L’EBA emploie 170 personnes, moins que les 900 de l’agence des médicaments qui nous a échappé. Mais le choix de Paris est la reconnaissance que les Français sont bons dans la régulation et que nos banques ont tenu dans la crise de 2008. Pour gagner la partie, Bruno Le Maire, Benjamin Griveaux et Christian Noyer ont fait la tournée des capitales. Madrid, Lisbonne, Rome, Athènes et Bruxelles l’auraient soutenu. Soyons honnête tout de même : peu de monde souhaitait renforcer encore Francfort où il y a déjà une autorité qui surveille les banques de la seule zone euro qui, devinez, est présidée par une française.

Au-delà, le Brexit va-t-il faire venir des financiers à Paris ?

Il y a eu quelques annonces. HSBC a promis 1.000 postes à Paris. JP Morgan, Goldman Sachs, Morgan Stanley, CityGroup feront venir des équipes. Il y a aussi le premier assureur américain, Chubb qui va y installer son centre européen. Bank of America devrait bientôt annoncer à son tour la localisation de plusieurs centaines de personnes- peut-être plus. Alors, au total ? 2.500-3.000 personnes. C'est bien mais ce n’est pas encore le débarquement. Parce que beaucoup de financiers n’ont aucune envie de quitter Londres pour aller chez nous autres les grenouilles qui parlons parfois un anglais disons rustique et avons une économie à leurs yeux fort peu libérale.

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