**Le marché de l’immobilier ancien a l’air de repartir en France. Attention, soyons prudent, l’immobilier est un domaine où il est difficile d’avoir des données précises et où les professionnels n’ont pas toujours intérêt à dire toute la vérité. Si on en croit les titres de certains magazines, c’est toujours le moment d’acheter… ou de vendre ! Seconde précision, les agents immobiliers, qui rêvent de beaucoup de transactions à des prix élevés, et les particuliers, qui rêvent de prix bas, n’ont pas la même idée d’un marché qui va mieux. Tout cela étant dit, effectivement, plusieurs éléments montrent que l’immobilier ancien est en train, après le neuf, de repartir doucement. Selon différents réseaux, notamment Century 21, qui a une base de données importante, le nombre de transactions a augmenté de 14% entre juillet et fin septembre par rapport à la même période de 2008. Et le prix du mètre carré moyen est en train de légèrement remonter. Bref, il y a un dégel, même si on reste très en dessous des niveaux de 2007. Pourquoi ce dégel ?On pourrait penser au retour de la confiance, avec la fin de la récession qui montre son nez ! Mais c’est beaucoup plus prosaïque que cela : l’explication, c’est la baisse des taux d’intérêt et des prix. Il y a un an, on empruntait à 5,30%, aujourd’hui à moins de 4%, l’écart représente une diminution du prix d’un logement de plus de 10 % sur un emprunt sur vingt ans. Si vous rajoutez un repli des prix sur le marché de l’ordre de 17% entre 2008 et 2009, un certain nombre de ménages qui n’avaient plus les moyens d’acheter ont retrouvé de l’air. D’abord ceux qu’on appelle les primo – accédants, ceux qui achètent pour la première fois. Et puis maintenant, ceux qui achètent pour s’agrandir mais ont besoin auparavant de vendre. C’est cette étape qui s’esquisse. Est-ce que cela se produit partout ?Non. En fait, c’est là où les prix ont le plus baissé que le nombre de transactions repart le plus : en Franche-Comté, en Midi-Pyrénées, à Paris, où les prix ont arrêté de reculer, et dans les Yvelines. A l’inverse, là où les prix ont peu bougé, les volumes restent faibles, en Bretagne, en Poitou-Charentes. Question à un euro : est-ce que les prix vont repartir comme avant ? (… question à 200.000 euros, prix moyen d’un achat immobilier !) Non, à court terme, la situation reste fragile. La hausse du chômage pèse et il suffirait que les taux d’intérêt remontent pour que le marché re-dégringole. Enfin, les prix restent très au-dessus de ce qu’ils étaient il y a dix ans et se loger reste souvent inabordable. Cela étant, en face de ce sentiment de court terme, il existe deux réalités incontournables de moyen et long terme. En vingt ans, à cause de la natalité forte, des divorces, le nombre de ménages, donc de logements nécessaires, a augmenté de 6 millions en France. Et cette année, on construira 300.000 logements alors qu’il en faudrait 500.000 par an pour équilibrer le marché. Conclusion logique : la demande de logements restera forte et les prix élevés. Le problème, évidemment, c’est que je ne sais pas où finit le court terme et où commence le moyen terme.**

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