La réponse est oui sur le terrain des infrastructures hospitalières : beaucoup a été fait et appris depuis le printemps. En revanche, les personnels craignent d'être encore débordés par la vague si elle arrive.

Une question ce matin : l’hôpital est-il prêt pour affronter la deuxième vague du virus ? Dans une interview aux Echos, Olivier Véran affirme sa confiance : nous ferons face, l’hôpital est plus solide qu’au printemps.

Le ministre de la Santé détaille les moyens supplémentaires donnés aux hôpitaux : leurs budgets augmentent de 9% cette année, aux alentours de 90 milliards d’euros, et la hausse sera encore de 5% supplémentaires en 2021. C’est indubitable : jamais un effort aussi considérable n’a été fait en si peu de temps. Il y a des enveloppes pour les soignants, pour les murs, pour les matériels etc. 

Mais une fois cela dit, l’hôpital -donc- est-il prêt ? 

Ici, l’éditorialiste doit être modeste, il peut juste espérer que ses idées générales sont justes, il n’est pas un spécialiste. Tentons tout de même ceci. Disons que les infrastructures hospitalières sont mieux préparées qu’au printemps. L’organisation est meilleure, les leçons des échecs ont été tirées, les médicaments sont stockés, les masques aussi, le nombre fixe de lits de réanimation est passé de 5.100 à 5.800, et d’autres capacités pourront être utilisés si nécessaire.

Bref, les infrastructures sont au rendez-vous

En revanche, les moyens humains restent extrêmement tendus, les hôpitaux courent après les personnels soignants et dans la mesure où toutes les régions sont touchées, il n’y aura pas de transferts. 

Tout le monde est épuisé, voit la vague monter régulièrement, et bref c’est encore sur l’engagement et la générosité de chaque soignant que les malades devront et pourront compter. C’est une ressource précieuse, est-elle inépuisable ? Là est la question. 

C’est en amont que tout va se jouer

Sur les plus de 5.000 lits de « réa » disponibles, 2.177 étaient déjà occupés hier, 229 en 48 heures. 

Forcément, le couvre-feu va faire son effet sur le nombre de contaminations. L’amélioration du système de test aussi va faire son effet : 1.550.000 tests ont été effectués depuis une semaine, peut-être un record mondial, avec des résultats désormais en 24 heures en moyenne, assure Olivier Véran. 

Quoi encore ? Dix millions de tests antigéniques (résultats en un quart d’heure) ont été commandés par l’Etat et il y en aura partout mi-novembre. Bref, si tout se passe bien, cela évitera à l’hôpital d’aller dans le mur qui se rapproche. 

Franchement, aux soignants, les Français doivent bien d’être sérieux.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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