**On connaît maintenant une grande partie des arbitrages fiscaux du gouvernement pour le budget 2010.Oui, et ce qui frappe cette année, dans ce domaine, c'est une série de ruptures, de tournants. Les premières ruptures sont maintenant connues. La réforme de la taxe professionnelle concerne les entreprises, pas les ménages, mais c'est la rupture la plus forte avec le passé. Depuis 1975, elle a été dénoncée cent fois, elle sera remplacée par d'autres impôts moins pénalisants pour l'économie. Tant mieux. L'autre rupture, c'est la taxe carbone, née dans une certaine confusion, mais voulue par Nicolas Sarkozy qui l'inscrit dans un processus historique de lutte contre les pollutions. Là, c'est une tentative de rupture avec un type de société. Les Français ne sont pas contre, puisque le succès du bonus – malus pour l’achat de voitures plus propres a été tel qu’il coûte cher au Budget et que le bonus va être réduit. Mais il y a des ruptures plus idéologiques.Oui, plus intéressantes aussi. Le gouvernement a d'abord décidé de doubler la taxation des retraites chapeau pour les dirigeants d'entreprise, cela a été confirmé hier. Autre rupture, la taxation accrue des plus values réalisées sur les ventes d'actions en Bourse. Aujourd'hui, il y a zéro impôt, zéro cotisation sociale sur les plus-values si vous vendez dans l'année pour moins de 25.730 euros d'actions. Demain, la CSG, la CRDS s'appliqueront à partir de un euro de cession. Depuis quinze ans, la fiscalité baissait sur les actions, là elle remonte. Si on rajoute le fait que la réduction d'impôt sur les intérêts d'emprunts immobiliers va être resserrée pour être réservée petit à petit aux achats de maisons ou d'appartements neufs propres, on voit que le climat a changé. C'est le premier coup de canif dans le paquet fiscal de 2007. La rupture de la rupture. La crise est bien passée par là. Et ce n'est pas fini…Le changement d'état d'esprit est impressionnant si on constate que l'idée d'une taxe légère sur les transactions financières, relancée par Bernard Kouchner pour les pays en développement, ne suscite pas des hauts cris. Nicolas Sarkozy est pour, Angela Merkel aussi. Une cinquantaine de pays vont travailler sur le sujet. Cela dit, elle ne sera pas au programme du G 20 jeudi, c'est manifestement trop tôt. Enfin, il y a l'idée d'une taxe carbone aux frontières pour les pays qui ne font pas d'efforts sur l'environnement, on pense à la Chine. Vendredi, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, encore eux, ont écrit au secrétaire général de l'ONU pour défendre cette idée. Voilà des ruptures pour l’avenir. Et, à l’inverse, qu'est-ce qui ne change pas ?Les impôts locaux, toujours en hausse, près de 4% cette année, soit le montant de la taxe carbone mais dans le silence. Les déficits, abyssaux. Celui de l'Etat, 130 milliards d'euros cette année, représente près de la moitié des dépenses ! Il sera encore de plus de 110 milliards l'an prochain. A ce niveau, cette légère baisse ne marque pas une vraie rupture et c’est dommage. Pour finir, une information des « Echos »...Oui, le forfait hospitalier passera l'an prochain de 16 à 18 euros, la décision a été prise.**

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