Le Fonds monétaire international a publié hier ses nouvelles prévisions économiques, qui ne sont pas franchement gaies.

Disons les choses crûment : elles feraient presque peur si on n’en avait pas déjà vu ! Le FMI explique que les pays développés vont tout droit vers une décennie perdue pour la croissance s’ils ne réagissent pas, il parle de danger, de phase périlleuse et craint sans du tout rire que la crise de la zone euro n’échappe au contrôle des gouvernants. Le FMI voit la croissance américaine à seulement 1,5% cette année, la zone euro à peine plus de 1% l’an prochain, et qu’une récession n’est pas totalement écartée. La dette de la Grèce monterait à 189% du PIB en 2012… Beaucoup de gris et noir. L’objectif du FMI ? Secouer les ministres des Finances du G20 qui se réuniront à partir de demain.

Ce qui est intéressant, c’est que l’organisation essaie d’expliquer ce qui se passe.

Trois éléments sont pointés. Un : la consommation privée, partout, aurait dû prendre le relais de la relance budgétaire. Or, ce n’est pas ce qui s’est produit, à cause, ici, de la crise de l’immobilier, là de l’endettement des ménages. Deux : les déséquilibres globaux sont toujours là. En gros, il faudrait que les Etats-Unis exportent plus en Chine et que la Chine consomme plus. Trois : les marchés ont peur que les dettes publiques ne soient plus remboursées. Surtout quand il y a de la paralysie politique aux Etats-Unis et en Europe. D’où la crise grecque, italienne, la crainte sur les banques. Avec ce cocktail, il y a des risques d’étincelles.

Et quels sont les conseils du FMI de Christine Lagarde ?

Ils sont décevants ! Le FMI dit : il faut redresser les comptes publics, mais surtout pas trop vite, sinon cela casse la croissance ; mais surtout pas trop lentement non plus, sinon cela affole les marchés… débrouillez vous ! … Il suggère aussi de dynamiser le crédit … mais le monde souffre de surendettement… En Europe, il redit que des banques ont besoin de capitaux frais – mais lesquelles ? Bref, il invite surtout les gouvernements européens et américains à agir et surmonter leurs petites querelles politiques. A conjurer les mots/maux, clés de la rentrée, qui sont bien ceux-là : imprévisibilité et impuissance.

Ces prévisions du FMI ne sont pas les premières…

Ni les dernières ! Et cela suscite une réflexion un peu décalée. Jour après jour, Bruxelles, l’OCDE, le FMI, les analystes, publient en boucle des prévisions et les commentent. Et entre deux, il y a les agences de notation. A chaque fois, on dissèque la même réalité comme si elle était neuve, ce qui aggrave le pessimisme dans un bel élan moutonnier. Cela donne envie de constater comme l’écrivain Erik Orsenna, qu’aujourd’hui, dans un monde surinformé et d’une fébrilité presque maladive, qu’en économie, qu’en politique, les commentateurs sont plus importants que les acteurs. Mais en ajoutant : les acteurs ne font rien pour que ça change.

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