Le gouvernement a présenté hier les grands éléments de cadrage de son budget pour 2017.

Oui, et s’il fallait résumer par une formule un peu brutale mais avec le sourire ce projet de loi de finances, on dirait que c’est un budget qui a a priori une tête à claques. C’est-à-dire que quand on le regarde, on est saisi d’une envie très forte de le critiquer. Mais ensuite, il faut savoir si, une fois que l’on a réfléchi, l’impression reste la même. Alors, pourquoi une tête à claques ? Quand on regarde trois indicateurs importants, la croissance, la dette et les prélèvements fiscaux ou sociaux, de quoi s’aperçoit-on ? Qu’il n’y a aucune amélioration entre 2016 et 2017. La croissance ? 1,5% prévu cette année, même chose l’an prochain, pas plus ; les prélèvements obligatoires ? Le niveau (très élevé) reste exactement le même à 44,5% du PIB, de la richesse produite, les deux années, ils ne baissent pas ; et la dette publique ne diminuera pas non plus. Bref, si rien ne bouge, autant dire que la politique économique ne sert pas à grand chose. Autant mettre le budget dans un congélateur et revenir dans un an. Le seul indicateur qui bouge dans ce qui est présenté, c’est le déficit public, en recul sensible, sous la fameuse barre des 3% pour la première fois depuis dix ans. Mais sa crédibilité est largement suspecte avant la présidentielle compte tenu des dépenses annoncées ces derniers mois.

Mais alors, claques ou pas claques ?

Il faut (un peu) résister à cette envie. D’abord parce qu’on imagine la souffrance de Michel Sapin, le ministre des Finances. Il aurait préféré présenter une pression fiscale en baisse : c’était impossible. A force d’être habile, un peu de hausse par-là, un peu de baisse par ci, des jeux de trésorerie, les pieds se sont un peu pris dans le tapis. Bercy aurait aussi préféré avoir une croissance plus élevée, mais les économistes la voient plutôt ralentir. En revanche, ce budget a des vertus. La politique de soutien aux entreprises a aidé à remonter leur taux de marge, ce qui leur permet d’embaucher et de créer, effectivement, à nouveau des emplois. Et les dépenses publiques ont ralenti. Mais çà, ce n’est pas audible pour une partie de la gauche. C’est le drame de la gauche de gouvernement. La droite met tout à son débit -à tort- et la gauche de la gauche ne met rien à son crédit. Oublions la tête à claques ; François Hollande paiera politiquement jusqu’au bout son tête à queue économique.

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