Le gouvernement a donc présenté hier son plan pour le logement.

Oui un plan global, cohérent et qui n’est pas démagogique. Il a en revanche une faille sur lequel on reviendra : il n’y a pas d’effet waouh ! Quel est l’objectif ? La France ne manque pas de logements : il y en a 35 millions pour 28 millions de ménages. Mais ils ne sont pas aux bons endroits et les prix se sont envolés. Il faut donc construire plus où c’est tendu, pour faire dégringoler les prix. Par ailleurs, la France a 4,5 millions de logements sociaux mais comme 70% des Français y ont droit, est-on sûr que les bonnes personnes soient au bon endroit ? A partir de là, l’idée, dans le privé, est d’inciter les propriétaires à vendre leurs terrains, de recentrer les aides fiscales sur les zones tendues et de geler les normes de construction. Si cela a déjà été tenté, la palette est large. Dans le parc social, le plan met en place un dispositif complexe pour baisser les loyers et les APL, économiser de l’argent, d’où la polémique entre bailleurs sociaux, qui disent qu’on les étrangle, et l’État, pour qui ils ont des réserves. Enfin, il veut créer de la mobilité dans le parc social – sujet hautement sensible sur lequel il avance sur la pointe des pieds.

Mais vous dites aussi : pas d’effet waouh !

Ce plan se veut l’anti plan-Duflot d’encadrement des loyers, dont les effets sont encore discutés : les mesures, là, sont ultra-techniques. Mais le risque est qu’elles ne créent pas de choc psychologique. Que va-t-on retenir du dispositif ? Sur la loi travail, l’opinion -et les petits patrons- retiennent les prud’hommes. Sur le climat, on retient la prime à la casse pour l’achat d’un véhicule d’occasion moins polluant. Sur le logement, le gouvernement a renoncé à une mesure symbolique comme le retrait des permis de construire aux maires. Hier, un acteur du secteur me disait : il manque une idée qui claque, par exemple la couverture du périphérique parisien pour construire des logements (hors de prix) – ou une autre. Du coup, reste à court terme la baisse bizarroïde de 5 euros de l’APL et le gel du taux du livret A, avant que la donne change vraiment. Un signe parlant : le plan logement n’a pas été présenté par le Premier ministre, comme si c’était moins important que l’emploi, ce qui n’est pas le cas.

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