Ce matin : où en est-on sur le pouvoir d’achat ?

On le sait depuis longtemps, le débat économique tourne le plus souvent autour de trois sujets en France : la compétitivité, le chômage et le pouvoir d’achat. Selon les périodes, les circonstances, les modes aussi, cela tourne. Eh bien, avec le budget 2019 qui sera présenté lundi, et hop nous revoilà sur le pouvoir d’achat. 

Les yeux sont braqués sur cet indicateur parce qu’il y a eu tellement de mouvements fiscaux, à la hausse, à la baisse, la CSG, la taxe d’habitation, le tabac, les carburants, l’ISF, les cotisations sociales, la revalorisation de minimas sociaux, la moindre indexation des retraites etc. qu’on a du mal à voir la balance globale. 

Au début de l’année, l’Insee avait d’ailleurs douché le gouvernement et les contribuables en annonçant un recul du pouvoir d’achat au premier trimestre (-0,5%). Il faut savoir que depuis soixante ans, il y a eu seulement trois années de recul du revenu disponible brut (selon l’Insee) : 1984, 2012 et 2013. 

Vous voyez l’enjeu ! 

Eh bien, le gouvernement promet que fin 2018 -nous y sommes- et en 2019, il y aura vraiment une amélioration de ce pouvoir d’achat, et il ne sera cette fois pas seul à le dire. C'est vrai. Vendredi, l'Insee a annoncé que le pouvoir d'achat a augmenté dès le deuxième trimestre (+ 0,7%),et tout indique à croire que le mouvement restera positif jusqu'à la fin de l'année. L’OFCE, un organisme classé à gauche et souvent critique, considère que tout dans tout, les ménages vont gagner 3,5 milliards d’euros l’an prochain. C’est la plus forte hausse depuis 2009. 

Le gouvernement donnera son propre chiffrage bientôt, le gain serait selon lui supérieur à 5 milliards d’euros.   Il l'a même communiqué vendredi soir aux députés LREM : + 6 milliards d'euros.

Mais tout est dans le détail, comme toujours … 

Ce qui fait pencher la balance vers le « plus », c’est l’application en année pleine de la baisse des cotisations sociales des salariés, des actifs, et la deuxième étape pour la taxe d’habitation. Entre cette dernière et la hausse de la CSG,  le cas des retraités variera évidemment selon les cas. Il y aura des gagnants et des perdants. L’autre différence avec cette année est que l’an prochain, ce ne sont plus les plus aisés qui seront les grands gagnants comme cette année. 

Bref, le gouvernement va bonder le torse. De fait, il faut reconnaître qu’on est injuste avec lui parfois : les nouveaux étudiants, par exemple, ne paient plus leur mutuelle, ce qui fait une économie de 217 euros. Qui le sait ? 

Mais attention à l’excès de confiance pour Macron ou Philippe : il suffirait que le prix du pétrole flambe pour effacer tout cela et, ils sont discrets, mais le patronat et les syndicats ont décidé une hausse des cotisations des retraites complémentaires de près de deux milliards. 

Les vilains petits cachotiers.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.