Cet automne, les personnels des laboratoires d'analyse médicale, des agences de santé et des caisses d'assurance maladie constituent la nouvelle première ligne face au virus. Mais les moyens humains ne suffisent pas.

On connaît les travailleurs de ce que l’on a appelé au printemps la première ligne, toutes celles et tous ceux qui n’ont pas ménagé leur énergie tout en craignant de tomber malade. Il y avait le personnel médical, les salariés des EHPAD, du petit commerce et de la grande distribution. Il y avait des personnes moins visibles mais indispensables : les informaticiens, partout, et les salariés par exemple de la BPI, la Banque Publique d’Investissement, qui ont aidé au plus près les entreprises. 

Eh bien, cet automne, les mêmes sont encore là mais on doit en rajouter d’autres. On pense à tous ceux qui travaillent dans les laboratoires d’analyse médicale, qui réalisent 200.000 tests par jour dans toute la France, et on sait que les conditions sont difficiles. On pense aux personnels des ARS, les agences régionales de santé, mais qui sont sur le pont depuis huit mois. On pense aux enseignants qui doivent s’adapter à une situation vraiment éprouvante à la rentrée. 

On pense encore aux 10.000 agents volontaires de la CNAM, la caisse nationale d’assurance maladie, qui ont accepté de rajouter à leur travail habituel 40.000 appels téléphoniques par jour pour tracer les cas contact et le virus. 

La liste de cette nouvelle première ligne pourrait bien sûr être allongée mais c’est tout un pays qui est en ordre de bataille, au-delà des critiques que l’on peut faire et des regrets que l’on a.

Mais les moyens humains ne peuvent pas tout.

L’engagement des uns et des autres ne suffit pas. Prenons l’exemple des tests. Les laboratoires embauchent et l’Etat paie (ils coûteront plus de deux milliards d’euros cette année), mais le dispositif bute sur l’analyse des tests, avec un tiers des résultats qui arrivent trop tard pour être efficaces. Du coup, la France a acheté 20 grosses machines chinoises qui peuvent traiter au total 40.000 tests PCR par jour. 

Faut-il en acheter d’autres ? Le dernier conseil de Défense s’est posé la question, mais il compte sur les nouveaux tests rapides pour désengorger l’ensemble. Il y a aussi cette nouvelle machine du CNRS à Lyon qui fonctionne au simple souffle. Un nouveau point est prévu au conseil de défense de ce mercredi ou ce jeudi. 

Il y a les moyens, la bonne volonté des uns et des autres, mais rien ne remplace les bonnes ou mauvaises décisions qui sont prises.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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