Dominique Seux a retenu une prise de position intellectuelle symptomatique et importante pour cette rentrée...

Il s'agit du tête à queue, du changement de ligne assumé par Martin Wolf, le chroniqueur le plus en vue de la presse économique anglo-saxonne. Il a près de 70 ans et dans un texte retentissant publié mi-juillet, il tourne le dos au laisser-faire anglo-saxon qui a été sa Bible libérale depuis longtemps.

Le titre de son article : les élites mondiales doivent prendre garde à la colère populiste. Colère sur laquelle surfent par exemple Donald Trump aux Etats-Unis, Marine Le Pen en France ou qui explique la victoire du Brexit au Royaume-Uni.

Et il reconnaît qu'une des causes de cette colère est l'évolution des revenus d'une partie des classes moyennes occidentales depuis dix ans. Dans les pays développés, en moyenne les deux tiers des ménages ont connu au mieux une stagnation de leurs revenus bruts, proportion qui reste encore d'un quart après les transferts sociaux et la redistribution fiscale. A noter que la France est à part, avec son choix de revenus qui montent mais d'un chômage hors-norme. Au total, il ne faut pas aller chercher plus loin la perte de confiance des peuples dans les élites politiques et économiques. Et Wolf avance des idées pour réduire la place de la finance, revaloriser le rôle des impôts etc. C'est un tournant intellectuel !

Pour les Anglo-saxons orthodoxe c'est nouveau. C'est intéressant parce que la critique vient d'un partisan du système économique libéral qui pense que celui-ci doit et peut évoluer tout en restant porteur d'efficacité et d'innovation. C'est plus crédible que quand cette critique émane de ceux qui veulent tout démolir mais n'ont pas d'alternative crédible à proposer pour continuer de créer de la richesse privée et publique. Au total, oui, c'est encourageant.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.