Les investisseurs chinois épris d’entreprises européennes voient poindre un coup de froid en cette fin d’été.

Ils venaient déjà de voir la Chine annoncer la réduction de ses investissements dans des secteurs que le pouvoir juge « irrationnels », comme les clubs sportifs, le divertissement ou encore l’hôtellerie. Mais cette fois c’est du côté de l’Union européenne elle-même que la pression monte. Certains poids lourds de l’UE affirment leur volonté de limiter certains investissements étrangers jugés indésirables. Et soyons clairs, ce sont en particulier et même avant tout les Chinois qui sont visés.

Comment l’Europe va se protéger ?

A vrai dire ce n’est pas encore l’affaire de toute l’Europe. L‘action est menée par le trio Allemagne-France-Italie. Ils ont envoyé des courriers à la Commission de Bruxelles préconisant des solutions afin de se prémunir d’acquisitions agressives venus de l’extérieur de l’UE. Premier outil envisagé pour bloquer une acquisition : invoquer les conditions de marché, comme des subventions à l’acquéreur, ou une transaction qui découlerait en fait de consignes gouvernementales. Dans le collimateur : des programmes comme « Made in China 2025 », par lequel Pékin se renforce sur le front de l’innovation et qui sous-tend la vague d’acquisition de sociétés high tech par des groupes chinois. Autre piste: la possibilité de bloquer des acquisitions en provenance de pays qui n’accordent pas aux entreprises européennes une ouverture équivalente. Là encore, la cible directe est la Chine, très créative en matière d’obstacles pour les investisseurs étrangers, de l’obligation de créer des coentreprises à l’interdiction d’investir dans certains secteurs, en passant par des obligations de transfert de technologie. Reste maintenant à mettre la machine communautaire en action et ce ne sera pas le plus simple

Et donc comment l’Europe compte-t-elle s’y prendre ?

C’est autour de la Commission européenne que les choses se jouent. Berlin, Paris et Rome envisagent l’un de ces mécanismes dont l’Union a le secret : ce serait à la Commission de détermine si une transaction se déroule dans des conditions de marché biaisées ou non, mais le cas échéant, seuls les Etats concernés pourraient interrompre un rachat. Jean-Claude Juncker, le président de la commission, est sensible à cette idée de mieux protéger l’Europe. Il pousse même à une proposition dans cet esprit dès le mois de septembre. Mais tout le monde n’est pas en phase avec ce qui pour certains, notamment dans les pays du nord, n’est pas loin de ressembler à du protectionnisme. Bref, il va falloir une dose de négociations à l’européenne pour que ces projets ne restent pas des rodomontades.

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