Aujourd’hui mercredi, premier Conseil des ministres après les vacances. Pourquoi la croissance sera-t-elle au menu du jour ?

Parce qu’elle est moins forte que prévu. Rien de dramatique, on sera un peu au-dessus de 1,5% alors que le gouvernement avait calculé son budget sur une hypothèse de 2%. Mais une croissance moins forte, c’est moins d’argent qui rentre dans les caisses. Il va donc falloir faire encore des économies.C’est aussi moins d’huile dans les rouages, et donc plus de difficultés pour faire avancer l’énorme train de réformes du gouvernement : loi PME, Constitution, plan pauvreté, retraite, assurance chômage, et j’en passe. 

Est-ce qu’on ne donne pas trop d’importance à ce ralentissement de la croissance ?

C’est possible, mais le coup de frein doit tout de même nous amener à revisiter les prévisions 2018-2019, et aussi au-delà. L’histoire que racontait le gouvernement, c’est une France sur un plateau de croissance proche de 2% au moins jusqu’à la fin du quinquennat Macron. Le ralentissement révèle que cette hypothèse est fragile. Il y a des freins internes, comme la difficulté des entreprises à recruter, et des freins mondiaux comme le prix du pétrole et le protectionnisme à la Trump. Le plateau de croissance risque de céder la place à une descente dans quelques trimestres.

Ce n’est pas un changement marquant, ça fait longtemps que la croissance est faible…

Certes. Mais sous François Hollande, la croissance a accéléré année après année. C’était plutôt encourageant, même si le mouvement était tellement limité qu’on s’en est à peine rendu compte. Sous Emmanuel Macron, on risque d’avoir l’inverse : un début en fanfare avec une croissance à plus de 2% en 2017, puis un ralentissement au moins jusqu’en 2020 ou 2021. Le gouvernement va donc devoir surveiller son budget comme le lait sur le feu. Et le chômage risque de ne plus beaucoup baisser. Dure vie. Pour retrouver un peu de popularité, ou pour réussir à faire passer ses réformes, Emmanuel Macron devra faire preuve d’un talent exceptionnel.

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