Le chômage va-t-il baisser dans les trois prochaines années ? C’est évidemment la question depuis que le président François Hollande a déclaré : « Si le chômage ne baisse pas d'ici à 2017, je n'ai, ou aucune raison d'être candidat, ou aucune chance d'être réélu. » Afin ne pas être accusé d’esprit partisan, j’ai cherché la réponse à l’étranger. Pour être plus précis, dans les prévisions du FMI publiées il y a quinze jours. Les chiffres sont tout ronds : taux de chômage 2014 11%. Taux 2017 : 10%. Donc oui, François Hollande aura une excellente raison d’être candidat dans trois ans, car le chômage aura alors sensiblement reculé. Ceci dit, il ne s’agit que d’une prévision. Par curiosité, je suis allé voir ce que prévoyait le FMI il y a trois ans pour aujourd’hui. On tombe sur 8,3% d'actifs au chômage, un chiffre hélas très éloigné de la réalité. Après réflexion, la réponse est donc plus prudente : normalement, le chômage devrait reculer en France dans les années à venir.

Cette question de l’emploi joue-t-elle un rôle central dans une élection présidentielle ? Intuitivement, on a tendance à répondre oui. Un chômage faible, c’est moins de gens malheureux, moins de gâchis humain, et aussi des salaires et donc un pouvoir d’achat qui peuvent augmenter plus vite. Cette intuition est confirmée par ce qui s’est passé sous la Ve République. Regardons les quatre élections où le président sortant était candidat, en laissant de côté Charles de Gaulle en 1965 - une époque où le chômage n’était pas encore un sujet. Depuis, deux sortants ont été battus, deux réélus. Les battus, Valéry Giscard d’Estaing et Nicolas Sarkozy, n’ont su empêcher ni l’un ni l’autre une montée sensible du chômage dans les trois dernières années de leur mandat. Et cette dégradation de l’emploi a sans nul doute pesé dans leur défaite. Les deux réélus, eux, François Mitterrand et Jacques Chirac, ont su profiter de la cohabitation – que le chômage monte ou baisse.Cette fois, qu’est-ce qui fera ou non reculer le chômage ? Comme toujours, la croissance de la production et la richesse de cette croissance en emploi. La croissance d’abord. Dans ses prévisions qui vont être transmises demain à Bruxelles, le gouvernement prévoit une accélération au-delà de 2% à partir de 2016. Là, c’est sûr, le chômage baisserait vraiment. Ce rythme paraît toutefois très fort, pratiquement le double de la moyenne de ces quinze dernières années. Le FMI est plus prudent, avec une croissance qui tournerait entre 1,5 et 2%. Cela pourrait encore être qualifié de scénario favorable. Mais cette croissance pourrait être plus riche en emplois qu’auparavant. Autrement dit, même un petit redémarrage de l’activité pourrait faire repartir l’embauche. Toute l’action du gouvernement pousse dans cette direction : crédit d’impôt décidé fin 2012, assouplissement des règles de licenciement début 2013, emplois jeune, baisses de cotisations sociales via le pacte de responsabilité qui doit passer bientôt au Parlement, mesures de simplification pour les entreprises. Avec tout ça, ça serait vraiment pas de chance si le chômage ne reculait pas dans les trois prochaines années.

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