L’édito éco de Dominique Seux, des "Echos". ____Le plan de relance de Nicolas Sarkozy est sur les rails. Une batterie de décrets est parue ce week-end au Journal Officiel. La relance commence par le réveil des technocrates ! Neuf décrets ont été publiés pour appliquer une partie de ce qui avait été annoncé au début du mois. Ce qui est intéressant, c’est qu’il ne s’agit pas de mesures très politiques ou idéologiques, et du coup, comme toujours en France, personne n’en parle alors qu’elles ont une portée très concrète. En voici quelques unes : Le dispositif qui permet à un artisan ou au patron d’une entreprise de moins de dix salariés d’embaucher sans aucune charge sociale, est fixé. Cela concerne les embauches faites depuis le 4 décembre - ça n’est pas rien. Un autre décret accélère les remboursements de TVA aux entreprises - ça, c’est pour leur trésorerie. Il y a un texte qui permet aux collectivités locales de passer des contrats, d’achats, de travaux, avec moins de formalités, pour gagner du temps. Il existe aussi celui qui prolonge tous les permis de construire d’un an. Tout ça veut dire quoi ? Qu’on peut discuter pour savoir si 26 milliards, c’est assez, pas assez, mais il faut commencer par regarder en détail le paquet de la relance. Cela dit, le débat a continué ce week-end sur l’efficacité du plan. Mais en fait, il y a une grande confusion sur ce plan qui prévoit aussi l’accélération de la construction de lignes TGV. Le gouvernement embrouille les choses en promettant la lune. Vendredi matin, Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, promet qu’il créera 100.000 emplois. Deux heures plus tard, Patrick Devedjian, ministre de la relance, parle de 150.000. Entre les deux, il y a eu un conseil des ministres, il faut croire qu’il y a eu un miracle ! Plus sérieusement, l’erreur serait de faire croire que ce plan va permettre d’éviter la récession. Son objectif, c’est d’éviter que cela ne soit plus grave qu’en 1975 et 1993. Sinon, une relance peut amortir le choc, c’est tout. Pourquoi ? Tout simplement, parce qu’elle n’arrose pas forcément là où ce sera le plus nécessaire. On aide les travaux publics, mais c’est peut-être la machine-outil qui a le plus besoin de soutien parce que la Chine n’en commandera plus. Difficile de savoir exactement où réinjecter de l’argent. Beaucoup de voix commencent déjà à réclamer un second plan. C’est pavlovien en ce moment ! Angela Merkel, sous pression, travaille à un plan qui serait de 40 milliards d’euros en plus. Et Dominique Strauss-Kahn, patron du Fonds monétaire international, a appelé hier à une relance plus massive. Cela dit, l’essentiel se joue aux Etats-Unis. C’est le plan de Barack Obama, un plan de l’ordre de 850 milliards de dollars, sur plusieurs années bien sûr, ce qui fait que les comparer entre eux n’a pas de sens. Pour le reste, avant de lancer de nouveaux plans, mieux vaut vérifier les effets des anciens. La TVA est passée de 17,5% à 15% le 1er décembre en Grande-Bretagne. On connaîtra l’impact sur la consommation dans quelques jours. S’agissant de la France, peut-être faudra-t-il faire plus, mais on a envie de demander à tous ceux qui répètent que 26 milliards ce n’est rien et qu’il faut un nouveau plan : au fond, qui sait quel est le montant du PIB ? Il est de 1.970 milliards d’euros et l’enjeu est de savoir s’il va passer en 2009 le cap de 2.000 milliards d’euros.

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