Vous auriez pu rajouter : un exercice de fin d’année, juste avant Noël, et rajouter qu’aucun évènement ne s’impose dans l’actualité ! C’est vrai. Mais il n’y a pas que cela. Car c’est aussi une réponse aux auditeurs qui disent : vous ne parlez que des trains qui n’arrivent pas à l’heure, jamais de ceux qui le sont (à l’heure) –et vous participez au pessimisme ambiant.C’est l’occasion de réfléchir sur notre métier. Voici donc quelques informations positives relevées hier dans l’actualité économique –que, donc, vous n’entendrez peut-être pas ailleurs !

Qu’a-t-on appris ?

Que les patrons de PME retrouvent le moral, notamment sur les embauches, selon un sondage ; que le report à 62 ans de l’âge de la retraite apporte un bol d’air aux régimes de retraite complémentaires. Et que, du coup, ils ne seront peut-être pas obligés à court terme de diminuer les pensions.

Et ailleurs dans le monde ? Que la Californie vient de faire un grand pas sur le climat en se dotant d’un marché des émissions de gaz à effet de serre. Que le dynamisme de la démographie américaine se confirme et porte leur croissance : les Etats-Unis ont gagné près de 30 millions d’habitants en dix ans. Voilà du positif. Et si on veut réjouir certains de nos auditeurs, on peut lire un article très sérieux de The Economist expliquant que le meilleur de la vie commence à 46 ans parce que c’est à partir de là que le bien-être économique est à son maximum !

Il est donc possible d’en trouver, des bonnes nouvelles ! Il n’y a pas que la crise de l’euro ou les turpitudes des banquiers. On le sait, on parle plus des licenciements que des 10.000 emplois qui se créent chaque jour. La récession de 2009 a fait plus de bruit que les années de croissance qui l’avaient précédée alors que les Irlandais vivent toujours mieux aujourd’hui qu’il y a dix ans. Le succès des géants du CAC 40 n’intéresse pas grand monde, moins que les revenus de leurs patrons.

Pourquoi cette différence de traitement de l’information ? Question aussi vieille que le journalisme. La réponse classique est que la seule place qui vaille pour les trains qui arrivent à l’heure, ce sont les fiches horaires de la SNCF ! Sans se prononcer sur le caractère ennuyeux (gnangnan) des bonnes nouvelles, il est clair qu’en économie comme ailleurs, les ruptures sont plus simples à décrire que les continuités et les évolutions lentes. Plus facile de juger que de décrire, de se pencher sur l’écume que sur les problèmes et les projets – comme en politique sur les petites phrases et les rivalités plutôt que sur les actions. Bien sûr, la limite du « bonnouvellisme » est qu’il ne doit pas empêcher d’être incisif sur ce qui ne va pas –c’est notre rôle et on a pu parfois reprocher aux journalistes économiques de ne pas l’être assez avant la crise.

Vous avez fait votre B.A (bonne action) sur les nouvelles positives, on en reparle pas avant un an ? On verra ! Mais on peut signaler l’initiative de notre confrère Libération.

Pour la 4ème année consécutive, il va consacrer, vendredi, un numéro entier au positif et aux “ porteurs de solutions ” avec une association, Reporters d’Espoirs.

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