Poursuite du bilan économique de 2011 commencé hier, toujours sous le regard de votre triple A. Sur l’Europe aussi, on peut parler d’un AAA.

A quoi pensez-vous, si je vous dis : 4 février 2011, 11 mars, 25 mars, 24 juin, 21 juillet, 23 octobre, 9 décembre et 30 janvier 2012 ? Ce sont les dates des sommets européens consacrés, absolument tous, au sauvetage de la zone euro. Il y en a, parce que je ne les ai pas tous cités, dix. L’Europe, en 2011, n’aura parlé que de l’euro et, effectivement, sous le triple signe de l’Alerte rouge, de l’Allemagne et de … l’Accouchement.

Encore une fois, on reprend dans l’ordre…

L’Alerte rouge, c’est le niveau de danger auquel nous en sommes encore, même si la température a baissé un peu. Après dix sommets, la confiance n’est toujours pas là sur la capacité des Européens à sauver l’un des leurs. Avant la crise, on croyait que la zone euro était devenue une grande Allemagne. Aujourd’hui, elle donne l’impression d’être une grande Grèce. La stratégie est de réduire les déficits le plus vite possible pour tourner la page, mais avec un risque d’une spirale dépressive. Très ennuyeux, l’Europe reste coupée en deux sur le plan de la compétitivité, avec les pays du Nord, rassurants, et les pays du Sud, inquiétants, la France hésitant entre les deux. L’avenir de l’euro se joue sur la façon de solder les forces centrifuges passées et sur la capacité à installer des forces centripètes qui rapprochent les économies.

Alerte rouge, donc, mais aussi le A de Allemagne…

Première puissance économique du continent, elle est devenue en 2011 le pivot politique de l’Europe. Sa situation économique lui en donne le droit : croissance autour de 3% cette année et peut-être pas de récession en 2012. Les déficits publics sont faibles, le chômage aussi, à moins de 7% de la population. Volkswagen vend plus de voitures en Chine qu’en Allemagne. Tout n’est pas rose, le modèle a des faiblesses connues, mais Berlin est en forme. Angela Merkel est du coup en pole position en Europe pour imposer la rigueur. Cela ne lui donne pas la science infuse et ne l’empêche pas de commettre des erreurs comme l’implication des créanciers privés de la Grèce – pour des raisons morales. Mais 2011 a montré que l’Allemagne tient à l’euro.

Dernier A, le difficile Accouchement de la nouvelle Europe…

On a hésité toute l’année entre deux thèses. L’Europe s’enfonce ou l’Europe se renforce. D’un accouchement difficile, peut-il naître un superbe bébé ? C’est la thèse de notre ami Bernard Guetta, qui note les progrès réalisés par exemple sur la gouvernance économique. On a envie d’y croire. Mais l’accouchement d’une vraie envie d’euro est difficile. Vous vous souvenez qu’on a annoncé à renforts de trompettes qu’il y aurait une réunion des chefs d’Etat de la seule zone euro une fois par mois. Aux dernières nouvelles, c’est enterré. L’Euro, un paradoxe : les pratiquants ne sont pas assez croyants !

Demain, le bilan de la France en 2011 ? Avec quel titre ?

Vous verrez, on va changer un peu !

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