Ce matin, vous voulez faire l’éloge des congés de Noël .... Tiens donc, pourquoi cela ?

Parce que cette pause des ponts ou de vacances de Noël, qui va concerner la très grande majorité des Français, est indispensable. Et pas seulement pour recharger les batteries. Chacun le voit ces jours-ci, il y a une grande variété dans la durée de ce break : certains s’arrêtent le pont de Noël ou celui du Nouvel An, ou font les deux ponts ... C’est encore mieux avec une semaine ou carrément deux comme dans l’Education et quelques entreprises industrielles. On sait peu que la France, à ce moment de l’année, ne bat pas des records de durée de vacances : en Allemagne, une bonne partie des jeunes ne reprendront l’école que le 7 janvier, voire le 10 ! En réalité, les congés, c’est un droit social, mais c’est une vraie nécessité, avec d’autres vertus que le simple repos.

Je vous vois venir : vous allez nous dire que c’est bon pour la croissance parce que c’est bon pour le commerce et le tourisme !

Je vous vois venir : vous maniez l’ironie J. Ce n’est pas ce qui semble le plus important, mais si vous allez sur ce terrain, allons-y : oui, la période de Noël est excellente pour le commerce, les achats, le tourisme, les sports d’hiver etc. Je vous donne un seul chiffre qui laisse rêveur (ou déprimé) : samedi -ce samedi -, le groupement des cartes bancaires a comptabilisé 35,8 millions d’achats sur, donc, une seule journée, celle d’avant-hier. Et ce n’est pas un record, le record avait été battu quinze jours auparavant... Mais encore une fois ce n’est pas l’essentiel ...

Et c’est quoi, donc, la vertu essentielle de cette pause de Noël ?

Il y en a deux. La première, c’est qu’il faut espérer que cette période nous permette de tourner le dos au pessimisme, à la noirceur, qui pèse sur le pays comme sur aucun autre, au-delà du raisonnable. En matière économique, rien n’y fait : le moral reste désespérément bas ; les chefs d’entreprise, comme Saint-Thomas, ne croient plus sans avoir vu –en l’occurrence sans avoir vu les aides qu’on leur promet. Du coup, ils n’investissent plus. Autant que le ressort économique, c’est le ressort psychologique qui est cassé. Sans tomber dans le niaiseux bien sûr, si le passage de 2014 à 2015 pouvait se faire avec un regard un peu plus clair, tant mieux ; si le flot continu des nouvelles déprimantes pouvait ralentir quelques jours, tant mieux.

Vous avez promis une seconde vertu .. .

Elle va paraître bizarre. Dans tous les milieux professionnels, entreprise, service public, association, ce sont les interactions, les échanges, qui font désormais progresser les systèmes et les personnes -surtout dans les périodes de bouleversements comme aujourd’hui. On n’avance plus seul, on a un besoin énorme d’idées nouvelles. Eh bien, ces vacances familiales ou amicales sont une occasion d’interactions différentes de celles de d’habitude. Le cousin éloigné, la belle-sœur, a des idées neuves ... Il y a, osons le mot, un ressourcement possible. Conclusion : pendant ces vacances, parlons boulot, projets, politique, économie, avec ceux que nous rencontrons. J’avais dit bizarre !

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