Les Français sont encore et toujours des fourmis, en tous cas avec leur portefeuille.

Oui, si on interrogeait des Allemands, ce n’est probablement pas l’image animale qui leur viendrait à l’esprit. Quand ils regardent nos comptes publics, nos déficits publics, ils nous voient plutôt en cigale. Mais si on s’intéresse au comportement des Français dans leur vie privée, oui ce sont des fourmis. Nous épargnons beaucoup, et de plus en plus. Des sources bancaires montrent que les Français ont mis de côté pas loin de 50 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, soit le montant le plus élevé depuis 2008, la crise financière. Si on prend en compte tous les types de placement y compris les actions, les obligations etc., la barre de 100 milliards d’épargne devait être atteinte cette année. Le taux d’épargne est en France le plus élevé d’Europe avec celui des Allemands. Cela se fait forcément au détriment de la consommation. Cela veut dire qu’on peut toujours vouloir un soutien à la demande, à la consommation, les Français préfèrent mettre de côté plutôt que faire chauffer leur carte bancaire.

Mais les Français sont des fourmis qui n’aiment pas le risque.

Oui, prise de risque minimale. Où plaçons-nous de préférence notre argent ? Sur des comptes à vue, c’est-à-dire les comptes bancaires non rémunérés. Viennent ensuite les livrets bancaires, le livret A etc. Cela a l’air fou alors que les taux d’intérêt rasent la moquette ? C’est vrai parce qu’à l’inverse, les Français n’achètent pas d’actions et un peu moins d’assurance-vie.

Évidemment, la question que l’on se pose : pourquoi ?

Il y a deux questions. 1- Pourquoi privilégier des placements qui ne rapportent pas grand-chose par rapport à des placements plus risqués ? La réponse est qu’il y a une aversion un peu culturelle par rapport aux actions des entreprises et que la fiscalité est devenue élevée. Le gain est faible. C’est un gros problème parce que le capital des entreprises françaises est souvent détenu par des actionnaires étrangers. Seconde question, plus globale : pourquoi un taux d’épargne si élevé ? Réponse : les Français constatent que le niveau des retraites, notamment complémentaires, baisse sensiblement et baissera sans doute encore plus. C’est la conséquence du choix français de couper la queue du chat petit bout par petit bout en réformant les retraites tous les cinq ans : on ne rassure personne. Les français sont des fourmis inquiètes.

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