Les Echos, met en Une ce matin un anniversaire : les 30 ans du CAC 40.

L’anniversaire de cet indice connu de tous aura lieu précisément le 31 décembre. Le CAC40 est né fin 1987, CAC veut dire, qui le sait, cotation assistée en continu mais aussi, étrangement, compagnie des agents de change ? Et le «40» ce sont les 40 plus grosses capitalisations de la Bourse de Paris. Alors, dans le débat politique, ce CAC est parfois comparé au Comité des Forges de la fin du XIXème siècle ou aux 200 familles des années 30, une sorte de gouvernement financier occulte. 

Eh bien, c’est idiot. D’abord car la comparaison n’a pas de sens : les dirigeants de ces entreprises sont aujourd'hui dans la plupart des cas des salariés. Ensuite, il n’y a plus d’entreprises assises sur des rentes et des héritages. Leur chiffre d’affaires cumulé dépasse les 1.200 milliards d’euros, elles emploient des millions de salariés dans le monde entier et doivent se battre rudement pour être des champions dans leur secteur. En trente ans, la grande évolution est bien celle-ci : elles travaillent partout et sont en concurrence partout. 

Au-delà, ce qui est intéressant, c’est le film. Trente ans d’histoire du CAC, c’est de l’histoire économique. En 1987, la société la plus grosse était Elf-Aquitaine ; en 1997, France Télécom ; en 2007, Total ; aujourd’hui c’est LVMH. Des énergies et monopoles au luxe. Maintenant, une devinette : quelle entreprise, sur la période, a le plus réjoui ses actionnaires ? L’Oréal dont le cours a grimpé de 5.200% ! 

Dernière image du film : dans les 40, 26 sociétés sont centenaires ou presque, avec Saint-Gobain qui existe depuis 1665.

Et c’est ce dernier point qui "pose question" – comme on dit

Exactement. Dire que la moitié de ces entreprises sont centenaires, que leur moyenne d’âge est de 105 ans et ajouter que la plus jeune a 50 ans, cela veut dire qu’aucune n’a vingt ans. Aux Etats-Unis, les stars de la cote sont Apple et Google. C’est une question qui se pose en fait à toute l’Europe : pourquoi les start-ups ne grandissent-elles pas ? Vaste sujet (comme dirait l'autre) : c’est lié à la taille du marché, à la barrière des langues et culturelle, au financement, au goût du risque et à l’internationalisation du management.  

Mais ce qui est certain et réjouissant, c’est que parmi nos jeunes auditeurs, à cette seconde, il y a, c’est certain, l’un(e) ou l’autre d’entre eux qui dirigera dans 30 ans une entreprise du CAC. Si il y en avait un ou une qui fait entrer dans le CAC la nouvelle entreprise qu’il aura créée, ce serait encore mieux.

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