Le prix du pétrole a grimpé hier en raison des événements dramatiques libyens. La chute du colonel Kadhafi provoquerait-elle une vraie flambée ?

Naturellement, ce n’est qu’un aspect de cette révolution en marche. Mais il concerne aussi bien nos pays que les peuples qui, dans les rues, font ce printemps arabe. On se souvient que le prix du baril de brut de la mer du Nord avait passé la barre des 100 dollars le baril avec la chute de Moubarak en Egypte et les craintes de blocage du canal de Suez. Hier, les événements libyens ont fait regrimper ce baril, à 105 dollars et même quasiment 107 dollars en ce moment dans les échanges électroniques an Asie. Ce mouvement est logique. La Libye est le premier gros pays producteur atteint par le mouvement populaire et l’un des quatre principaux d’Afrique, à côté du Nigéria, de l’Angola et de l’Algérie. Même si aucune interruption des livraisons n’est signalée, le facteur risque joue. Chaque jour, par exemple, la Libye livre 133.000 barils à la France. Un baril « équivalant » à 159 litres, cela représente le plein de 400.000 voitures ici.

Cette hausse va–t–elle se poursuivre ? Les experts disent que non, en tous cas que les événements libyens à eux seuls ne suffiront pas, en dehors, peut-être, d’un coup de chaud temporaire. Pour deux raisons. La première est que, malgré tout, la Libye est un petit parmi les gros producteurs. Chaque jour, 85 millions de barils sont extraits dans le monde. La production libyenne est inférieure à deux millions. C’est important, mais pas essentiel. La seconde raison est que personne n’imagine qu’un pays dont la seule recette est l’or noir, même qui change de régime, puisse fermer le robinet. Quand ils ont connu des guerres civiles, le Tchad ou l’Angola ne l’ont pas fermé. En revanche, si d’autres producteurs sont vraiment touchés, l’inquiétude va monter. Les spécialistes surveillent, notamment, de très près, Bahreïn. Le pays est en effet à 15 kms de Dhahran, le siège d’Aramco en Arabie saoudite. Et dans les deux endroits, on trouve la même population chiite. Au total, si l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient “pèsent” à eux seuls un tiers de la production mondiale, l’Arabie saoudite est la clé du prix du pétrole.

Avec quelles conséquences sur le prix des carburants ? Je le mentionne juste parce que les statistiques ont été publiées hier soir. Le prix du gazole était en fin de semaine dernière, donc avant la flambée de ces dernières heures, (il était) en France et en moyenne, à son plus haut niveau depuis près de 30 mois, à presque 1,31 euros le litre. Encore loin toutefois de son record du printemps 2008, à 1,45 euros. Autre élément dans le domaine de l’énergie : l’Elysée a, hier soir, tenu un conseil de politique nucléaire pour arbitrer la guerre entre EDF et Areva. Un dossier mal géré depuis deux ans. EDF est confirmée comme tête de la filière et le groupe va construire avec les Chinois un réacteur de troisième génération.

Ce réacteur franco-chinois pourra donc aussi être vendu ailleurs. Mais il sera donc aussi concurrent du réacteur franco-japonais Areva- Mitsubishi. Tandis qu’en France il y aura un autre réacteur Areva-GDF Suez. Bref, il y en a pour tout le monde, mais pas sûr que les clients internationaux comprennent tout ! Les Français, eux, veulent être sûrs que la technologie ne va filer chez les Chinois.

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