Ce matin Dominique Seux sur la longue interview que François Hollande a accordée vendredi soir à France Inter parce qu'une phrase vous a frappé.

Oui, c'est la réponse donnée à une question sur la trahison que constituerait sa politique actuelle vis-à-vis des électeurs de gauche. On l'écoute. Extrait Cette réponse (un peu condensée) résume le drame de la politique. Elle dit deux choses qui concernent aussi l'économie. i1 il y a un écart entre ce que l'on dit à ses électeurs avant l'élection et ce que l'on fait au pouvoir parce que situation évolue -çà c'est logique ; mais 2 cet écart s'explique aussi parce qu'on voit en arrivant au pouvoir que la réalité est différente de ce que l'on avait dit et peut-être cru. Avec cet aveu, François Hollande reconnaît que l'intérêt général est différent de ce qu'il avait dit à ses électeurs avant l'élection. La question est de savoir si l'écart résulte du cynisme ou de l'ignorance de l'économie telle qu'elle fonctionne vraiment. Quand on dit: je prendrai le train pour me déplacer si je suis élu, et qu'en fait on prend l'avion parce qu'il n'y a pas moyen de faire autrement, c'est pas grave. Mais quand on dit: le chômage baissera parce je vais réorienter l'Europe, et qu'il suffira de tourner le dos à la politique de Sarkozy, et que quatre ans après on présente la loi El Khomri parce qu'on découvre que le marché du travail est plus compliqué qu'on le pensait, c'est vrai que çà donne le vertige aux électeurs.Ce n'est pas le premier écart entre le discours et la pratique .Le plus fameux , c'est celui de Chirac en 1995. Il se fait élire sur la fracture sociale et, quatre mois après, change de pied parce que la priorité historique devient de diminuer le déficit public pour qualifier la France pour la monnaie unique. Vingt ans après, nous avons un virage de même ampleur. Et tout aussi justifié.

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