Le gouvernement veut aller vite sur la réforme de la SNCF, il pourrait choisir la voie des ordonnances…

Oui, c’est un scénario très probable. Et une surprise, parce qu’on s’attendait plutôt à voir la réforme du rail dans la Loi d’orientation sur les mobilités annoncée pour le printemps.

La logique est imparable : puisqu’il y a eu des ordonnances pour les salariés du privé, appliquons la méthode aux cheminots, qui, au passage, ne sont pas des fonctionnaires mais des salariés « sous statut ». 

Ca, c’est pour la galerie. En réalité, le gouvernement veut surtout éviter de rejouer 1995, la grève qui dure, la fraternisation des Français avec les cheminots. Il ne doit donc pas s’attarder sur une grande loi qui s’arrête à toute les gares. Les ordonnances, c’est le TGV législatif !

Avec le code du travail, ça a été magique tellement c’est allé vite : concertation fin mai, loi d’habilitation le 15 septembre, signature le 22 septembre, et hop, exécution. Il n’y a pas eu d’union sacrée des syndicats.

Mais est-ce que la recette peut marcher à nouveau avec la SNCF ?

Alors là, prudence. L’histoire n’est pas tout à fait la même. Le sujet n’a pas été porté politiquement pendant la campagne électorale, alors qu’on demande de vrais sacrifices aux cheminots.

Avec cette réforme, on parle tout de même de supprimer le statut pour les nouveaux embauchés, d’ouvrir un plan de départs volontaires, de changer la forme de l’entreprise. 

Les cheminots se doutent que le remède sera violent, parce que la SNCF est structurellement déficitaire ; elle a une dette de 50 milliards d’euros, et doit verser 1,5 milliards d’intérêts chaque année. Une grève dure semble inévitable, avec un front syndical uni, d’autant plus que c’est une année d’élections professionnelles. 

Et puis qu’est-ce qui va se passer si les élus locaux montent au créneau ? Le rapport Spinetta sur l’avenir du rail dit bien qu’il faut supprimer les petites lignes de chemin de fer, sacrilège.

Alors des ordonnances, oui, ça peut marcher, mais il faudra déminer le terrain, ne pas rater la concertation avec les syndicats, et peut-être renoncer à fâcher les élus locaux. En tout cas, préparez-vous à télétravailler en temps de grève. 

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